Le Sahara occidental n’a jamais été, n’est pas et ne sera jamais possession du Roi du Maroc
Le Parti communiste du Canada condamne vertement la déclaration de la ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, à l’égard de l’occupation marocaine du Sahara occidental. En effet, le 28 avril dernier, lors d’une rencontre avec son homologue marocain, Nasser Bourita, elle n’a pas hésité à déclarer publiquement que « le Canada [reconnait] le plan d’autonomie du Maroc pour le Sahara occidental comme base d’une solution mutuellement acceptable et comme une initiative sérieuse et crédible en vue d’un règlement juste et durable du conflit. »
Cette affirmation est rendue possible par la volte-face du Conseil de sécurité de l’ONU qui vote à l’unanimité la résolution 2729 le 31 octobre 2025. Seule l’Algérie boycotte ce vote injurieux à l’égard du droit à l’autodétermination et à la souveraineté, donc du principe fondateur même à l’origine de la Charte des Nations unies.
En effet, jusqu’alors, le Sahara occidental était reconnu internationalement comme dernière colonie d’Afrique. L’ONU rejetait l’occupation marocaine de son territoire. De même, le Front populaire de libération du Sahara occidental et du Rio de Oro (POLISARIO) reçoit le statut d’unique représentant du peuple sahraoui. Par conséquent, depuis 1991, l’ONU organise une mission particulière, la MINURSO, dont l’objectif est d’organiser un référendum sur la souveraineté du Sahara occidental. Celui-ci est reconnu jusqu’alors comme seule issue possible et acceptable.
Or, le Maroc tergiverse et joue les valses-hésitations pour empêcher la tenue d’un tel référendum. Il colonise le territoire sahraoui, exploite en toute illégalité selon le droit international les ressources naturelles et halieutiques du territoire occupé et reprend même la guerre contre le front Polisario en novembre 2020. Pendant ce temps, le makhzen chérifien multiplie les offensives et chantages à l’international et scelle ainsi des alliances avec les États-Unis de Trump, Israël, la France de Macron et même l’Espagne pourtant reconnue, en tant qu’ancienne puissance coloniale, comme pays responsable de la décolonisation du Sahara occidental par le droit international.
Au lieu de défendre la souveraineté du peuple du Sahara occidental et de faciliter son aspiration légitime à l’indépendance de la République arabe sahraouie démocratique, le Conseil des Nations Unies appelle maintenant à appuyer un « plan d’autonomie » marocain. Ce vocable, tel une pudique feuille de vigne, cache mal son objectif véritable : un plan d’occupation perpétuelle.
Que le Canada emboite le pas n’a rien d’étonnant. Les enjeux économiques sont trop importants, notamment l’accès au phosphate du Sahara occidental. De même, un pays qui refuse de reconnaitre l’existence de plusieurs nations en son sein et, à plus forte raison, leur droit à l’autodétermination jusqu’à et y compris à la sécession n’a que faire de garantir ce droit démocratique inaliénable à quelques 600 000 « enfants des nuages »…
Communistes, nous réitérons notre solidarité envers le front POLISARIO et sa lutte juste pour la libération de la dernière colonie d’Afrique, le Sahara occidental, puis la fondation d’une République arabe sahraouie démocratique souveraine et indépendante. Nous appelons l’ensemble des forces progressistes, démocratiques et véritablement éprises de souveraineté à condamner la position prise par la ministre Anand. Au lieu de promouvoir un plan d’occupation perpétuelle, le Canada devrait faire pression pour que l’ONU réitère sa position historique en faveur d’un référendum d’autodétermination et accompagne ainsi la décolonisation du Sahara occidental. Nous ne pouvons accepter la normalisation d’une telle occupation coloniale, laquelle aurait des implications particulièrement graves notamment en Palestine et entérinerait l’impérialisme comme figure tutélaire des Nations Unies.
Vive le Front Polisario!
Vive la République arabe sahraouie démocratique!
Comité exécutif central, Parti communiste du Canada

