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Contre le blocus états-unien et le siège de Cuba, le Canada doit envoyer du pétrole et de l’aide humanitaire

Le Parti communiste du Canada exige que le gouvernement canadien rompe immédiatement son silence et prenne des mesures concrètes pour à la guerre économique de Donald Trump contre Cuba. Le décret du 29 janvier, qui impose un blocus total sur les approvisionnements en carburant de l’île, vise à étrangler le peuple cubain et à provoquer une catastrophe humanitaire. Ces mesures aggravent déjà les souffrances de la population cubaine et constituent un défi direct à la souveraineté de tous les pays de l’hémisphère. La « doctrine Donroe », qui affirme la domination des États-Unis sur le continent, doit être combattue. Il est dans l’intérêt direct des travailleurs canadiens de s’y opposer.

En raison des actes barbares du gouvernement états-unien, la situation à Cuba est préoccupante. Plus de 75 % des importations de pétrole du pays ont disparu en un seul mois. Les hôpitaux fonctionnent grâce à des générateurs qui sont désormais à court de carburant. Des coupures d’électricité durant jusqu’à 16 heures par jour menacent les soins aux patients et la conservation des aliments. L’agriculture locale est au bord de l’effondrement, ce qui risque de plonger l’ile dans la famine. C’est le résultat délibéré de la politique états-unienne, un génocide économique destiné à forcer la capitulation politique par la famine et la souffrance.

Pourquoi les États-Unis punissent-ils Cuba de manière si brutale ? Parce que Cuba ose exercer son droit à l’autodétermination. Elle a expulsé les entreprises et les gangsters états-uniens, éliminé l’extrême pauvreté et l’analphabétisme, construit une société socialiste qui reste un symbole d’espoir. Malgré plus de 60 ans d’agression impérialiste, Cuba a fourni une éducation et des soins médicaux gratuits à sa population, atteignant une espérance de vie qui rivalise avec celle des pays industrialisés avancés. Pour prouver que les travailleurs peuvent construire le socialisme, Cuba est asphyxiée. 

Ce blocus constitue une violation flagrante du droit international. Il s’agit d’une coercition économique unilatérale ayant des effets extraterritoriaux, imposée malgré les votes répétés et écrasants de l’ONU appelant à la fin du blocus états-unien. Il viole les principes fondamentaux d’égalité et de souveraineté, de non-ingérence et d’autodétermination consacrés par la Charte des Nations unies. Pourtant, les institutions financières mondiales, intimidées par l’application agressive des sanctions yankees, ont largement abandonné Cuba, ce qui a coûté à l’île au moins 130 milliards de dollars en 2018 et plusieurs milliards de dollars supplémentaires ces dernières années, à mesure que le blocus se renforce.

Le premier ministre Mark Carney a déclaré à Davos que l’ère de la coercition accommodante devait prendre fin, appelant à « un nouvel ordre qui englobe nos valeurs, telles que le respect des droits humains, le développement durable, la solidarité, la souveraineté et l’intégrité territoriale ». Il a exhorté le monde à rester « fidèle à ses principes en matière de valeurs fondamentales, de souveraineté, d’intégrité territoriale, d’interdiction du recours à la force, sauf lorsque cela est conforme à la Charte des Nations unies, et de respect des droits humains ». Si le discours clairement hypocrite de Carney visait en fait à repositionner le Canada au sein du bloc impérialiste de l’OTAN, ses paroles ont trouvé un écho auprès des travailleurs qui souhaitent sincèrement une politique étrangère fondée sur la paix et la souveraineté. Nous devons construire un mouvement pour que cette vision devienne réalité.

La réponse du gouvernement canadien a jusqu’à présent été honteuse. Interrogée à la Chambre des communes, la ministre des Affaires étrangères Anita Anand n’a pas réagi en condamnant l’agression américaine ou en proposant une aide, mais en déclarant que les fonctionnaires consulaires « se tiennent prêts à soutenir les Canadiens dans le besoin ». Devant une catastrophe humanitaire délibérée, la seule préoccupation d’Ottawa était le sort des touristes canadiens. Mme Anand sait qu’il s’agit d’une escalade illégale. Jusqu’à présent, elle a choisi le silence et la complicité.

Le Canada entretient des relations diplomatiques avec Cuba depuis des décennies, contre la volonté du gouvernement américain. Les Canadiens visitent Cuba plus que tout autre pays des Caraïbes. Le Canada est la deuxième source d’investissement étranger de Cuba. Le gouvernement canadien doit immédiatement condamner cet acte de terrorisme économique, utiliser tous les moyens diplomatiques pour s’opposer au blocus et renforcer le commerce et la coopération afin d’aider Cuba à résister à cette attaque.

Des mesures concrètes s’imposent. Le Canada doit immédiatement expédier du pétrole à Cuba. Nous devons collaborer avec d’autres puissances régionales pour briser le siège. Nous devons également relancer l’industrie touristique en rétablissant les liaisons aériennes avec l’ile afin de faciliter les voyages des Canadiens à Cuba et de soutenir son économie. Ces mesures encourageraient d’autres gouvernements à suivre le mouvement. Le plus grand risque est de ne rien faire, laissant les coudées franches aux États-Unis afin de piétiner la souveraineté des États indépendants. 

Nous appelons tous les syndicats et toutes les organisations populaires à construire un vaste mouvement qui obligera le gouvernement canadien à s’opposer à l’agression états-unienne et à fournir un soutien matériel à Cuba. Des millions de Canadiens sont liés à Cuba et peuvent être mobilisés dans cette lutte. La défense de la souveraineté cubaine est la défense de la souveraineté à travers le monde. Que Cuba vive !

Comité exécutif central, Parti communiste du Canada