|

Rejetons la prolongation de l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM)! Retirons-nous de cet accord maintenant!

Renforçons la souveraineté économique du Canada et créons des emplois à valeur ajoutée grâce au contrôle public des secteurs de l’automobile et de l’acier, en relançant l’industrie manufacturière et en procédant à la construction massive de logements sociaux et publics ainsi que d’infrastructures publiques à travers le Canada.

Alors que la date limite du 1er juillet pour l’examen obligatoire de l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM) approche, les travailleurs du Canada sont confrontés à un choix difficile. Le gouvernement Carney, après une campagne hypocrite d’un discours grandiloquent à Davos sur la résistance des puissances moyennes, s’est maintenant rendu à New York pour déclarer qu’un « Canada fort » aidera à « Make America Great Again ». Cette déclaration, combinée au fait que Carney a récemment souligné que la guerre illégale des États-Unis contre l’Iran en « [vaut] la peine » et à son silence assourdissant devant l’étranglement de Cuba par les États-Unis, font partie des tentatives répétées du gouvernement Carney de capituler devant l’administration Trump.

Le Canada et le Mexique ont officiellement demandé une prolongation de 16 ans de l’ACEUM. Cela signifierait 16 années supplémentaires de dépendance accrue au diktat des monopoles états-uniens. L’administration Trump a refusé de s’engager, exigeant des concessions écrasantes qui saperaient encore davantage la souveraineté canadienne. Les États-Unis veulent éliminer la gestion de l’offre et détruire les moyens de subsistance des agriculteurs canadiens. Ils veulent supprimer les protections culturelles, incluant celles relatives au contenu en langue française, et éliminer les taxes et les règlements déjà insuffisants auxquels sont soumis les monopoles technologiques états-uniens. Ils veulent abolir les politiques en matière d’approvisionnement qui créent des emplois locaux décents et forcer le Canada à accélérer la privatisation des soins de santé publics, ouvrant ainsi la porte aux gigantesques monopoles des services médicaux et des assurances rapaces. Ils cherchent à éliminer des emplois dans le secteur forestier. Ils exigent que le Canada continue de suivre aveuglément Washington alors que celui-ci intensifie sa guerre économique contre la Chine, ce qui risque bel et bien d’entraîner le Canada dans une guerre ouverte.

Cette pression en faveur d’une prolongation n’est pas simplement le résultat de pressions états-uniennes. Le capital monopoliste canadien est tout aussi impatient de conclure une entente. Le récent voyage de Mark Carney à New York était l’expression cohérente des intérêts de la classe dirigeante canadienne. Les monopoles canadiens et étatsuniens partagent une vision commune : faire baisser les salaires, sabrer les réglementations environnementales, saper la surveillance démocratique et maximiser les profits à tout prix. Pour les milliardaires canadiens et leurs partenaires transnationaux, l’accès au marché états-unien vaut largement la peine de sacrifier les soins de santé publics, les moyens de subsistance des travailleurs et même l’indépendance du Canada. Parallèlement à ces négociations commerciales, le gouvernement Carney mène discrètement une offensive contre les droits des travailleurs au pays. Au moyen d’un processus de consultation précipité, sur invitation seulement, qui est passé inaperçu aux yeux du public, Ottawa revoit l’ensemble du Code du travail du Canada en vue d’apporter des changements radicaux qui, selon les syndicats, constituent une atteinte fondamentale au droit de grève. Le plan du gouvernement Carney consiste à affaiblir la négociation collective, à restreindre le recours à la grève et à « américaniser » le droit du travail canadien au profit des grandes entreprises et des ultra-riches, tout en prétendant défendre les travailleurs canadiens contre Trump.

Entre-temps, les droits de douane états-uniens causent déjà des ravages dévastateurs. Le droit de douane de 25 % imposé aux véhicules assemblés au Canada a entraîné une perte estimée à 6 500 emplois directs dans le secteur de l’automobile, dont 3 000 chez Stellantis. GM a fermé son usine d’assemblage CAMI à Ingersoll, mettant à pied 1 144 employés. GM a supprimé 700 autres emplois à Oshawa, sans compter les pertes d’emplois chez les fournisseurs. Chez Algoma Steel, 1 000 travailleurs ont perdu leur emploi malgré des prêts conjoints fédéraux-provinciaux de 500 millions de dollars. Les mises à pied ont déjà commencé, et bien d’autres sont à venir.

Au cours du dernier quart de siècle, la classe ouvrière a été contrainte de financer les monopoles qui, par la suite, ont supprimé des emplois et exporté la production. Dans le secteur de l’automobile, cela représente jusqu’à 79 milliards de dollars en aide aux entreprises. Sur cette somme, 57 milliards de dollars ont été consacrés à des incitatifs fiscaux et à des subventions à la production pour le secteur des véhicules électriques jusqu’en 2033, tandis que 22 milliards de dollars supplémentaires ont été injectés dans des plans de sauvetage d’urgence, dont près de 14 milliards de dollars versés aux « Trois Grands » de Détroit lors de la crise financière de 2008. Il s’agit là de fonds publics qui auraient pu servir à bâtir une industrie automobile stable, de propriété publique et contrôlée démocratiquement, offrant des emplois syndiqués bien rémunérés. Au lieu de cela, nous nous retrouvons avec des usines fermées et des mises à pied massives.

La stratégie du gouvernement Carney consiste à redoubler d’efforts dans les politiques dévastatrices qui nous ont menés là où nous en sommes. Placer ses espoirs dans la révision de l’ACEUM, c’est courir à une nouvelle catastrophe. Cet accord, tout comme l’ALENA avant lui, n’a jamais eu pour objectif le commerce équitable; il s’agit d’une constitution des grandes entreprises conçue pour renforcer les monopoles, liguer les travailleurs les uns contre les autres par-delà les frontières et démanteler systématiquement la souveraineté et l’indépendance du Canada. Avec le gouvernement états-unien actuel, ce processus s’accélère de façon spectaculaire. Une intégration plus profonde signifie des attaques accrues contre les droits démocratiques et une complicité dans l’escalade des actes d’agression et des guerres à travers le monde.

L’ACEUM s’est déjà révélé néfaste pour les travailleurs. Lors de sa signature en 2018, le taux de chômage officiel s’élevait à 6 %. Après une brève baisse liée à la pandémie, à 4,8 % en juillet 2022, le chômage a depuis dépassé son niveau d’avant l’ACEUM, atteignant 7 % en novembre 2024. Parallèlement, le taux d’emploi est passé de 62,5 % en 2018 à moins de 61 % à la fin de 2023, une baisse équivalant à environ 380 000 travailleurs supplémentaires sans emploi. Si l’ACEUM avait véritablement été conçu pour « stabiliser et développer l’économie et l’emploi », comme l’affirment ses partisans, on s’attendrait à l’inverse : plus d’emplois, et non moins. Au lieu de cela, même avant les droits de douane imposés par Trump, les données montrent qu’il s’agit d’un accord qui a profité aux grandes entreprises tout en laissant les travailleurs pour compte.

Au lieu de devoir choisir entre, d’une part, des droits de douane réactionnaires et des pertes d’emplois massives, et, d’autre part, la soumission à un libre-échange continental au profit des grandes entreprises et autant de pertes d’emplois massives, nous devons lutter pour la souveraineté canadienne, pour la paix, et pour une économie qui place les secteurs de l’acier et de l’automobile sous propriété publique et contrôle démocratique, qui relance l’industrie manufacturière en créant des dizaines de milliers d’emplois bien rémunérés, permanents et à valeur ajoutée. Nous avons besoin d’un commerce multilatéral et mutuellement avantageux. Pour le Parti communiste, un véritable « commerce mutuellement avantageux » signifie un commerce qui sert les travailleurs, et non des conseils d’administration qui se permettent de juger les politiques gouvernementales. Il doit être fondé sur le plein emploi, la sécurité environnementale, le respect des droits des Autochtones et une planification démocratique — les entreprises ne devant en aucun cas dicter leurs conditions.

Heureusement, nous avons déjà été témoins par le passé de luttes impressionnantes et puissantes contre le libre-échange au service des entreprises. À la fin des années 1980, un vaste mouvement populaire, réunissant les travailleurs, les agriculteurs, les groupes de femmes, les défenseurs de l’environnement, les églises, les intellectuels et les peuples autochtones, s’est levé pour lutter contre l’Accord de libre-échange initial de Mulroney et l’ALENA. Nous avons perdu cette bataille, mais la lutte a prouvé le potentiel d’une riposte unifiée contre le plan des grandes entreprises. Aujourd’hui, devant une nouvelle vague d’attaques dans le cadre de l’ACEUM, nous devons reconstruire ce mouvement, non pas pour sauver un mauvais accord, mais pour le rejeter entièrement et bâtir un Canada véritablement indépendant fondé sur la propriété publique, les droits des travailleurs et une souveraineté authentique.

Le Parti communiste du Canada exige :

Nationaliser les industries automobile et sidérurgique La propriété publique signifie que ce sont les gouvernements élus, et non un conseil d’administration privé situé dans un autre pays, qui contrôlent les profits et orientent l’industrie pour répondre aux besoins des travailleuses et travailleurs de tout le Canada.

Construire une voiture canadienne et développer le transport en commun Un secteur automobile public devrait produire une voiture électrique canadienne abordable et accroître rapidement la capacité de fabrication pour le transport en commun municipal et interurbain, ainsi que pour les véhicules industriels légers.

Adopter une loi contraignante sur les fermetures d’usines Adopter immédiatement une loi obligeant les entreprises à justifier toute fermeture ou tout licenciement collectif devant un tribunal public ayant le pouvoir d’interdire les fermetures et d’imposer des sanctions sévères.

Élargir l’assurance-emploi dès maintenant Augmenter les prestations d’assurance-emploi à 90 % du salaire antérieur pendant toute la durée du chômage, et couvrir tous les chômeurs, afin de protéger tous les travailleurs contre la crise économique capitaliste qui s’aggrave.

Se retirer de l’ACEUM Mettre fin aux accords de « libre-échange » qui sacrifient nos emplois et notre souveraineté. Privilégier un commerce multilatéral et mutuellement avantageux avec le reste du monde. Rejeter l’économie de guerre de Carney qui alimente les guerres des États-Unis et de l’OTAN, et adopter une politique étrangère indépendante axée sur la paix et le désarmement, en réaffectant les milliards gaspillés dans la militarisation à des besoins sociaux tels que la santé, le logement et l’éducation.

Partout au Canada, la population a injecté des milliards de fonds publics dans ces industries au fil des décennies. Nous devrions désormais en être propriétaires et socialiser leurs profits, et pas seulement leurs pertes. Finis les renflouements et le libre-échange. Nous avons besoin d’échanges multilatéraux mutuellement avantageux avec le reste du monde, ainsi que de la propriété publique des secteurs économiques clés pour renforcer notre souveraineté et créer des emplois.

Comité exécutif central, Parti communiste du Canada