{"id":13,"date":"2014-02-26T17:51:02","date_gmt":"2014-02-26T22:51:02","guid":{"rendered":"https:\/\/communist-party.ca\/?page_id=13"},"modified":"2025-07-10T10:19:13","modified_gmt":"2025-07-10T14:19:13","slug":"chapter-2-capitalism-in-canada","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/communist-party.ca\/fr\/chapter-2-capitalism-in-canada\/","title":{"rendered":"Chapitre 2 : Le capitalisme au Canada"},"content":{"rendered":"<h3>Qu\u2019est-ce que le capitalisme?<\/h3>\n<p>Le syst\u00e8me \u00e9conomique dans lequel nous vivons est le capitalisme. Dans ce syst\u00e8me, les moyens de production sont essentiellement de propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e; les capitalistes exploitent leurs usines, leurs banques et leurs bureaux, leurs mines, leurs op\u00e9rations foresti\u00e8res, leurs industries de transports et de services dans le but d\u2019en tirer des profits. La source de ces profits et de l\u2019accumulation du capital est l\u2019exploitation de la classe ouvri\u00e8re, c\u2019est-\u00e0-dire de tous les travailleurs et travailleuses manuels et intellectuels. Le travail humain, de pair avec la nature, est la source de toute richesse mat\u00e9rielle et de toute valeur culturelle.<\/p>\n<p>Sous le capitalisme, les travailleurs et travailleuses ne poss\u00e8dent aucun moyen de production. N\u2019ayant pour source principale de revenu que leur capacit\u00e9 de travailler, ils doivent vendre leur force de travail \u00e0 des capitalistes en \u00e9change d\u2019un salaire afin de pouvoir vivre. La classe ouvri\u00e8re constitue la grande majorit\u00e9 de la population dans des pays capitalistes tels que le Canada. Elle comprend des travailleurs et des travailleuses, syndiqu\u00e9s ou non, \u0153uvrant dans tous les secteurs de l\u2019\u00e9conomie, ainsi que des ch\u00f4meurs, des personnes sous-employ\u00e9es et leurs familles.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, le syst\u00e8me encourage les travailleurs et travailleuses \u00e0 investir dans des actions et des obligations d\u2019\u00e9pargne, et leurs fonds de pension sont devenus un important bassin de capitaux pour l\u2019investissement et la sp\u00e9culation sur les march\u00e9s boursiers et mon\u00e9taires. Cela a pour effet d\u2019augmenter l\u2019acc\u00e8s des capitalistes \u00e0 des fonds suppl\u00e9mentaires pour l\u2019investissement, tout en cr\u00e9ant l\u2019illusion chez les travailleurs et travailleuses qu\u2019ils ont une quelconque influence sur les d\u00e9cisions \u00e9conomiques et la politique des entreprises. Mais en r\u00e9alit\u00e9, le \u00ab capitalisme populaire \u00bb n\u2019est qu\u2019une ruse; la classe capitaliste en conserve le contr\u00f4le exclusif.<\/p>\n<p>Le conflit fondamental entre le capital et le travail est inh\u00e9rent au syst\u00e8me capitaliste. Les capitalistes, qui contr\u00f4lent les principaux moyens de production, n\u2019emploient des salari\u00e9s qu\u2019aussi longtemps que cette main-d\u2019\u0153uvre leur rapporte des profits. Ils maintiennent les salaires au plus bas niveau possible afin d\u2019extraire de plus grands profits de l\u2019exploitation de leurs employ\u00e9s. Ces derniers luttent pour maintenir leurs salaires et obtenir des augmentations, am\u00e9liorer leurs conditions de vie et de travail, et accro\u00eetre leurs droits \u00e9conomiques, politiques et sociaux. Tel est l\u2019aspect central de la lutte des classes sous le capitalisme, qui touche l\u2019ensemble de la soci\u00e9t\u00e9, et qui, \u00e0 une certaine \u00e9tape, pousse la classe ouvri\u00e8re \u00e0 la lutte r\u00e9volutionnaire en vue de changer le syst\u00e8me social lui-m\u00eame.<\/p>\n<p>Sous le capitalisme, le processus de travail est r\u00e9alis\u00e9 gr\u00e2ce aux efforts communs d\u2019un grand nombre de travailleurs et travailleuses, \u0153uvrant dans des ateliers, des usines et des bureaux. Mais, s\u2019il est vrai que le travail et le processus de production sont socialis\u00e9s, en revanche, les fruits du travail sont privatis\u00e9s par les propri\u00e9taires des moyens de production. Cette contradiction fondamentale \u2013 entre le caract\u00e8re social de la production et l\u2019appropriation capitaliste priv\u00e9e des marchandises produites \u2013 est \u00e0 l\u2019origine de tous les maux du capitalisme : le ch\u00f4mage, l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 \u00e9conomique et sociale, la pauvret\u00e9 g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e, les crises \u00e9conomiques et les guerres.<\/p>\n<p>En m\u00eame temps, le capitalisme produit aussi ses propres fossoyeurs : la classe ouvri\u00e8re.<\/p>\n<h3>Le d\u00e9veloppement du capitalisme au Canada<\/h3>\n<p>Au Canada, les rapports capitalistes remontent aux premiers jours de la colonisation europ\u00e9enne et de l\u2019assujettissement des peuples autochtones. Les structures coloniales ont violemment \u00e9t\u00e9 impos\u00e9es dans le contexte du capitalisme mercantile, ax\u00e9 principalement \u00e0 ses d\u00e9buts sur le commerce du poisson, des fourrures et du bois entre les colonies et la France et l\u2019Angleterre. Avec l\u2019expansion de la colonisation et l\u2019accumulation du capital, les premi\u00e8res petites entreprises capitalistes font leur apparition. Peu \u00e0 peu, des activit\u00e9s de plus grande envergure en particulier dans le secteur forestier et la construction navale voient le jour.<\/p>\n<p>Au moment de la Conf\u00e9d\u00e9ration, en 1867, l\u2019expansion industrielle est d\u00e9j\u00e0 en plein essor, gr\u00e2ce au d\u00e9veloppement du transport maritime et ferroviaire ainsi qu\u2019\u00e0 l\u2019introduction de la machine \u00e0 vapeur et d\u2019autres progr\u00e8s technologiques.<\/p>\n<p>En tant que colonie d\u00e9pendante, le Canada est domin\u00e9 par des capitaux britanniques. Cependant, au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle, la d\u00e9pendance commerciale et la dette envers la Grande-Bretagne sont peu \u00e0 peu remplac\u00e9es par une d\u00e9pendance encore plus grande envers les capitaux et la technologie des \u00c9tats-Unis. C\u2019est alors que le capital bas\u00e9 aux \u00c9tats-Unis prend le contr\u00f4le des secteurs cl\u00e9s de l\u2019\u00e9conomie canadienne, notamment dans le domaine manufacturier et celui des ressources naturelles. Ce processus aura pour effet d\u2019accroitre l\u2019int\u00e9gration et la d\u00e9pendance du Canada envers l\u2019\u00e9conomie des \u00c9tats-Unis, plus que tout autre pays capitaliste d\u00e9velopp\u00e9. Situation qui, \u00e0 son tour, accentue les distorsions dans la structure de l\u2019\u00e9conomie canadienne. La pr\u00e9sence grandissante des multinationales des \u00c9tats-Unis et d\u2019autres pays aura pour effet d\u2019accroitre les pressions pour l\u2019exploitation des ressources naturelles canadiennes. Cela entrainera \u00e9galement une fuite massive et croissante de profits, d\u2019int\u00e9r\u00eats, de tarifs et d\u2019autres transferts de capitaux, freinant du coup les nouveaux d\u00e9veloppements, la cr\u00e9ation d\u2019emplois et la recherche, tout en facilitant la p\u00e9n\u00e9tration politique et culturelle de l\u2019imp\u00e9rialisme \u00e9tats-unien.<\/p>\n<h3>Le capitalisme au Canada aujourd\u2019hui<\/h3>\n<p>Le capitalisme concentre la richesse et la propri\u00e9t\u00e9 des moyens de production entre les mains d\u2019un nombre toujours plus restreint de personnes. Au Canada, comme partout ailleurs, les petits producteurs, les commer\u00e7ants et les agriculteurs sont accul\u00e9s au pied du mur par de plus grandes entreprises capitalistes. C\u2019est parall\u00e8lement dans un tel contexte de concurrence acharn\u00e9e du capitalisme primitif que les monopoles commencent \u00e0 \u00e9merger. Quelques grandes entreprises, dans lesquelles ont fusionn\u00e9 le capital bancaire et le capital industriel, manipul\u00e9s par une poign\u00e9e de magnats du capital financier, en sont venues \u00e0 dominer l\u2019ensemble de l\u2019\u00e9conomie. Tel est le stade du capitalisme monopoliste, fondement \u00e9conomique de l\u2019imp\u00e9rialisme, \u00e0 savoir : le stade supr\u00eame et final du d\u00e9veloppement capitaliste.<\/p>\n<p>Le capital financier, r\u00e9sultat de la fusion du capital bancaire et du capital industriel, est devenu la forme dominante de capital au Canada. Ce capital financier \u2013 tant canadien qu\u2019\u00e9tranger \u2013 contr\u00f4le des entreprises multinationales et des banques g\u00e9antes qui op\u00e8rent partout dans le monde en tenant de moins en moins compte des int\u00e9r\u00eats nationaux.<\/p>\n<p>Le capitalisme monopoliste actuel se caract\u00e9rise principalement par le r\u00f4le dominant des soci\u00e9t\u00e9s multinationales. Les investissements et la sp\u00e9culation dus \u00e0 des flux toujours croissants de capital financier international d\u00e9stabilisent les march\u00e9s nationaux et r\u00e9gionaux, ainsi que le syst\u00e8me capitaliste mondial dans son ensemble. La lutte pour la supr\u00e9matie mondiale parmi une poign\u00e9e de multinationales g\u00e9antes \u2013 dont plusieurs exercent un pouvoir \u00e9conomique sup\u00e9rieur \u00e0 celui des gouvernements et des \u00e9conomies nationaux \u2013 acc\u00e9l\u00e8re rapidement \u00e0 la fois la concentration des richesses (par le biais de fusions, d\u2019acquisitions et de partenariats d\u2019entreprises) et l\u2019accroissement de la pauvret\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale. Le d\u00e9veloppement in\u00e9gal, une caract\u00e9ristique propre \u00e0 toutes les \u00e9tapes du capitalisme, atteint des proportions sans pr\u00e9c\u00e9dent sous l\u2019impact de la mondialisation capitaliste.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 son pouvoir \u00e9conomique et id\u00e9ologique actuel, le capitalisme monopoliste se voit plong\u00e9 dans une profonde crise syst\u00e9mique dont il ne peut finalement se sortir; une crise \u00e9conomique, politique et culturelle g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e, qu\u2019il cherche \u00e0 r\u00e9soudre en intensifiant l\u2019exploitation, l\u2019agression et la guerre.<\/p>\n<h3>Le capitalisme monopoliste d\u2019\u00c9tat<\/h3>\n<p>Le capital financier soumet toujours plus directement l\u2019\u00c9tat canadien \u00e0 ses int\u00e9r\u00eats et \u00e0 son contr\u00f4le. Le capitalisme monopoliste d\u2019\u00c9tat \u2013 c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019int\u00e9gration ou la fusion des int\u00e9r\u00eats du capital financier avec l\u2019\u00c9tat \u2013 constitue une nouvelle \u00e9tape de l\u2019expansion du contr\u00f4le des entreprises dans tous les secteurs de la vie \u00e9conomique et politique. Le gouvernement, malgr\u00e9 le fait qu\u2019il donne l\u2019impression d\u2019\u00eatre ind\u00e9pendant des int\u00e9r\u00eats sp\u00e9cifiques des entreprises, n\u2019en est pas moins devenu, pour l\u2019essentiel, l\u2019instrument politique d\u2019un petit groupe au service des plus importants capitalistes monopolistes qui exercent un contr\u00f4le sur le reste de la soci\u00e9t\u00e9. Le capital financier utilise l\u2019\u00c9tat pour se procurer des contrats, des capitaux et des subventions, afin de s\u2019assurer des march\u00e9s et investissements \u00e9trangers. Le capital monopoliste soutient l\u2019expansion du secteur public \u2013 tant des services que des entreprises \u2013 lorsque cela sert ses int\u00e9r\u00eats, et \u00e0 d\u2019autres moments, il utilise l\u2019\u00c9tat pour imposer des compressions budg\u00e9taires et privatiser. L\u2019\u00c9tat sert \u00e9galement \u00e0 redistribuer les revenus et la richesse dans l\u2019int\u00e9r\u00eat des monopoles, par le biais du syst\u00e8me fiscal et des lois visant \u00e0 r\u00e9duire les salaires et \u00e0 affaiblir le mouvement syndical.<\/p>\n<p>Le capitalisme monopoliste d\u2019\u00c9tat sape les bases de la d\u00e9mocratie bourgeoise traditionnelle. La soumission de l\u2019\u00c9tat aux int\u00e9r\u00eats du capital financier mine le r\u00f4le d\u00e9j\u00e0 r\u00e9duit des organismes gouvernementaux \u00e9lus, f\u00e9d\u00e9raux, provinciaux et municipaux. Les grandes entreprises interviennent ouvertement dans le processus \u00e9lectoral pour leur propre compte, mais aussi de fa\u00e7on indirecte par le biais d\u2019un r\u00e9seau d\u2019instituts et de groupes de r\u00e9flexion favorables aux entreprises. Elles exercent un contr\u00f4le sur les m\u00e9dias de masse pour influencer les id\u00e9es et les attitudes de la population, afin d\u2019influer de mani\u00e8re flagrante sur les r\u00e9sultats des \u00e9lections. Les grandes entreprises corrompent le processus d\u00e9mocratique en achetant politiciens et fonctionnaires. Elles bafouent les droits politiques du peuple canadien d\u2019exercer tout choix important, favorisant ainsi l\u2019ali\u00e9nation et le cynisme g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9s de la population \u00e0 l\u2019\u00e9gard du processus \u00e9lectoral.<\/p>\n<p>Dans les conditions actuelles de la mondialisation capitaliste, le capital financier international a \u00e9galement besoin d\u2019institutions de r\u00e9gulation reconnues et soutenues par les \u00c9tats imp\u00e9rialistes afin de prot\u00e9ger et promouvoir ses int\u00e9r\u00eats. Pour imposer son h\u00e9g\u00e9monie mondiale, ainsi que plusieurs blocs \u00e9conomiques r\u00e9gionaux visant \u00e0 prot\u00e9ger les int\u00e9r\u00eats des centres imp\u00e9rialistes respectifs, il a amplifi\u00e9 le r\u00f4le des institutions capitalistes internationales existantes telles que l\u2019Organisation mondiale du commerce (OMC), le Fonds mon\u00e9taire international (FMI) et la Banque mondiale. Ces puissantes structures internationales sapent la souverainet\u00e9 nationale et \u00e9tatique, donnant ainsi lieu \u00e0 de nouveaux conflits et contradictions au sein du syst\u00e8me de r\u00e9gulation capitaliste monopoliste.<\/p>\n<p>L\u2019\u00c9tat capitaliste monopoliste moderne, quelles que soient ses formes, a pour objectifs principaux la pr\u00e9servation du syst\u00e8me capitaliste et, en particulier, l\u2019enrichissement des monopoles. Cela exige la r\u00e9pression du mouvement ouvrier et de son avant-garde r\u00e9volutionnaire, mais aussi l\u2019\u00e9crasement des derniers pays socialistes et des luttes de lib\u00e9ration nationale dans le monde. La r\u00e9surgence des partis et mouvements fascistes et supr\u00e9matistes blancs t\u00e9moigne de l\u2019accentuation des contradictions du syst\u00e8me capitaliste, qui cherche \u00e0 d\u00e9truire toute opposition \u00e0 ses objectifs voraces.<\/p>\n<h3>Le capitalisme canadien et les multinationales<\/h3>\n<p>Le Canada est un pays imp\u00e9rialiste, c\u2019est-\u00e0-dire un \u00c9tat capitaliste monopoliste tr\u00e8s d\u00e9velopp\u00e9. M\u00eame s\u2019il d\u00e9tient le plus haut niveau de propri\u00e9t\u00e9 \u00e9trang\u00e8re parmi les pays imp\u00e9rialistes, le Canada n\u2019est ni une colonie ni une semi-colonie. Les multinationales canadiennes participent \u00e0 l\u2019exploitation des masses laborieuses d\u2019autres pays, et le Canada est soumis \u00e0 toutes les contradictions propres au capitalisme mondial.<\/p>\n<p>Le capital financier canadien est aujourd\u2019hui \u00e9troitement li\u00e9 aux soci\u00e9t\u00e9s multinationales \u00e9tats-uniennes et au capital financier international en g\u00e9n\u00e9ral. L\u2019imposition de politiques n\u00e9olib\u00e9rales \u2013 en particulier les soi-disant accords de \u00ab libre-\u00e9change \u00bb \u2013 a intensifi\u00e9 ce processus d\u2019int\u00e9gration capitaliste sous la domination des \u00c9tats-Unis. Les groupes monopolistes canadiens contr\u00f4lent de nombreux secteurs de l\u2019\u00e9conomie ainsi que l\u2019\u00c9tat canadien, mais le capital financier international \u2013 principalement celui des soci\u00e9t\u00e9s multinationales \u00e9tats-uniennes \u2013 contr\u00f4le d\u2019importantes parties des secteurs des ressources naturelles, de la fabrication de biens et des services. Ces niveaux \u00e9lev\u00e9s de propri\u00e9t\u00e9 \u00e9trang\u00e8re ont accentu\u00e9 les d\u00e9s\u00e9quilibres structurels et les in\u00e9galit\u00e9s r\u00e9gionales au sein de l\u2019\u00e9conomie canadienne. La domination des \u00c9tats-Unis mine la capacit\u00e9 du Canada et des autres pays des Am\u00e9riques \u00e0 contr\u00f4ler leurs \u00e9conomies nationales respectives. D\u2019importantes d\u00e9cisions en mati\u00e8re de politique d\u2019investissement, de changements technologiques, de fermetures d\u2019usines et de cong\u00e9diements sont prises hors de nos fronti\u00e8res. Aucun secteur de l\u2019\u00e9conomie canadienne n\u2019est \u00e0 l\u2019abri de l\u2019influence des soci\u00e9t\u00e9s multinationales \u00e9tats-uniennes et d\u2019ailleurs.<\/p>\n<p>Simultan\u00e9ment, on assiste \u00e0 une centralisation rapide de la richesse du secteur canadien de l\u2019\u00e9conomie entre les mains d\u2019un groupe extr\u00eamement restreint de conglom\u00e9rats et de multinationales. En cons\u00e9quence, l\u2019\u00e9conomie canadienne est fortement monopolis\u00e9e, m\u00eame en comparaison avec d\u2019autres pays imp\u00e9rialistes. Les capitaux canadiens s\u2019exportent maintenant \u00e0 un rythme croissant. Plus qu\u2019un partenaire secondaire de l\u2019imp\u00e9rialisme \u00e9tats-unien, le monopole canadien fait d\u00e9sormais partie int\u00e9grante du syst\u00e8me imp\u00e9rialiste mondial. Les int\u00e9r\u00eats monopolistes canadiens sont \u00e9troitement li\u00e9s \u00e0 ceux des capitaux \u00e9tats-uniens et, de plus en plus, aux capitaux de l\u2019Union europ\u00e9enne et du Japon.<\/p>\n<p>La collaboration entre les secteurs les plus r\u00e9actionnaires des monopoles \u00e9tats-uniens et des monopoles canadiens se manifeste clairement dans la politique \u00e9trang\u00e8re. La subordination d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e du Canada \u00e0 l\u2019imp\u00e9rialisme \u00e9tats-unien l\u2019engage \u00e0 suivre la politique de guerre des \u00c9tats-Unis, par l\u2019entremise de l\u2019Organisation du Trait\u00e9 de l\u2019Atlantique Nord (OTAN) et d\u2019un r\u00e9seau d\u2019autres accords de \u00ab d\u00e9fense \u00bb. Les politiques d\u2019int\u00e9gration \u00e9conomique et militaire, adopt\u00e9es par le secteur dominant du capital financier, ont fait du Canada une rampe de lancement militaire pour le complexe militaro-industriel \u00e9tats-unien, et un participant actif aux guerres d\u2019agression des \u00c9tats-Unis et de l\u2019OTAN.<\/p>\n<p>Les monopoles canadiens ont leurs propres int\u00e9r\u00eats ind\u00e9pendants \u00e0 prot\u00e9ger et \u00e0 promouvoir. Cependant, l\u2019actuelle tendance dominante au sein des milieux monopolistes canadiens vise non seulement l\u2019int\u00e9gration \u00e9conomique et la collaboration politique avec l\u2019imp\u00e9rialisme \u00e9tats-unien, mais aussi avec le capital financier international en g\u00e9n\u00e9ral. Dans leur qu\u00eate de maximisation des profits, les monopoles canadiens sont pr\u00eats \u00e0 sacrifier la souverainet\u00e9 \u00e9conomique et politique du pays, \u00e0 condition de conserver une part raisonnable du pillage des ressources naturelles du Canada et de son march\u00e9 int\u00e9rieur, tout en \u00e9largissant l\u2019acc\u00e8s aux grands march\u00e9s \u00e9tats-uniens, panam\u00e9ricains et mondiaux.<\/p>\n<p>La relation de d\u00e9pendance du Canada \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019imp\u00e9rialisme \u00e9tats-unien nous a co\u00fbt\u00e9 cher en mati\u00e8re de d\u00e9veloppement. Elle a acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 l\u2019\u00e9puisement de nos ressources naturelles, diminu\u00e9 notre degr\u00e9 d\u2019autosuffisance en mati\u00e8re de production alimentaire et d\u2019autres produits de base, aggrav\u00e9 les d\u00e9s\u00e9quilibres propres au d\u00e9veloppement in\u00e9gal du Canada; r\u00e9duit fortement la recherche et le d\u00e9veloppement, ainsi qu\u2019\u00e9limin\u00e9 des emplois dans pratiquement tous les secteurs de l\u2019\u00e9conomie.<\/p>\n<p>Une plus grande int\u00e9gration du Canada \u00e0 l\u2019imp\u00e9rialisme \u00e9tats-unien va carr\u00e9ment \u00e0 l\u2019encontre de la volont\u00e9, exprim\u00e9e par la grande majorit\u00e9 des Canadiens et Canadiennes, de d\u00e9fendre la souverainet\u00e9 et l\u2019ind\u00e9pendance de leur pays. La lutte contre la domination des \u00c9tats-Unis pour une v\u00e9ritable ind\u00e9pendance du Canada et une politique \u00e9trang\u00e8re ind\u00e9pendante s\u2019inscrit dans la lutte mondiale contre la mondialisation capitaliste, l\u2019agression imp\u00e9rialiste et la guerre.<\/p>\n<p>La lutte pour la d\u00e9mocratie et la souverainet\u00e9 est une composante n\u00e9cessaire et fait partie int\u00e9grante du processus r\u00e9volutionnaire canadien. Elle exige une lutte concert\u00e9e contre le principal ennemi du peuple canadien, \u00e0 savoir : le capital financier, tant canadien qu\u2019international. Pour mener \u00e0 bien cette lutte, la classe ouvri\u00e8re aura \u00e0 jouer un r\u00f4le de premier plan.<\/p>\n<h3>Le capital financier et le peuple canadien<\/h3>\n<p>La concentration, la centralisation et l\u2019internationalisation du capital, en constante augmentation, ont creus\u00e9 un foss\u00e9 vertigineux entre les monopoles et la majorit\u00e9 des Canadiens et Canadiennes.<\/p>\n<p>L\u2019id\u00e9e selon laquelle le capitalisme serait une soci\u00e9t\u00e9 de consommation et d\u2019abondance, capable de survivre \u00e0 toutes les crises \u00e9conomiques et pouvant assurer le plein emploi et des conditions de vie toujours meilleures, est fausse. L\u2019id\u00e9e selon laquelle la croissance \u00e9conomique et la cr\u00e9ation d\u2019emplois sont possibles, en augmentant la productivit\u00e9 et la comp\u00e9titivit\u00e9 internationale, est \u00e9galement fausse. Sous toutes ses formes, le capitalisme agit \u00e0 l\u2019encontre des int\u00e9r\u00eats de la classe ouvri\u00e8re. \u00c9tant donn\u00e9 que ce syst\u00e8me est fond\u00e9 sur l\u2019exploitation des travailleurs et travailleuses par le capital \u00e0 des fins lucratives, il ne saurait y avoir de s\u00e9curit\u00e9 r\u00e9elle pour les masses laborieuses. La course effr\u00e9n\u00e9e du capital pour le profit, son exploitation et son acc\u00e9l\u00e9ration sans cesse croissante tend \u00e0 saper tous les gains salariaux obtenus au gr\u00e9 des luttes. En m\u00eame temps, le capital monopoliste tire d\u2019immenses profits des salari\u00e9s, et des masses laborieuses en g\u00e9n\u00e9ral, par sa manipulation du syst\u00e8me mon\u00e9taire et de cr\u00e9dit, ainsi que la politique fiscale du gouvernement qui redistribue le revenu national en faveur des riches.<\/p>\n<p>Le capitalisme canadien confirme la loi g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019accumulation de Karl Marx, \u00e0 savoir que le capitalisme cr\u00e9e partout plus de richesse priv\u00e9e, mais pousse \u00e9galement plus de gens vers le travail salari\u00e9 (prol\u00e9tarisation), le ch\u00f4mage et la pauvret\u00e9. Une part croissante de la classe ouvri\u00e8re se voit contrainte d\u2019accepter des emplois pr\u00e9caires, sans s\u00e9curit\u00e9 d\u2019emploi ni avantages sociaux.<\/p>\n<p>Le capitalisme monopoliste d\u2019\u00c9tat profite \u00e9galement de la classe ouvri\u00e8re en la divisant par l\u2019oppression syst\u00e9matique des femmes, des jeunes, des Autochtones et des personnes racis\u00e9es, des personnes 2S\/LGBTiQ (bispirituelles, lesbiennes, gais, bisexuelles, transgenres, intersexu\u00e9es, queer), des personnes handicap\u00e9es et des personnes vivant dans la pauvret\u00e9. C\u2019est un syst\u00e8me qui d\u00e9pouille les gens de leur dignit\u00e9 humaine.<\/p>\n<p>Les monopoles et les multinationales perp\u00e9tuent la surexploitation des femmes en tant que travailleuses, ainsi que l\u2019oppression sexiste des femmes et des filles au sein de la soci\u00e9t\u00e9. L\u2019offensive du capital financier contre les niveaux de vie et les droits sociaux les frappe plus durement. Elles se voient refuser un salaire \u00e9gal pour un travail de valeur \u00e9gale, et leurs salaires et revenus continuent d\u2019\u00eatre inf\u00e9rieurs \u00e0 ceux des hommes. Les femmes au Canada, en particulier, les racis\u00e9es, les transgenres et les autochtones, font face \u00e0 des taux de ch\u00f4mage plus \u00e9lev\u00e9s. De nombreuses femmes demeurent dans le secteur des services \u00e0 bas salaires, o\u00f9 pr\u00e9dominent celles qui sont issues de communaut\u00e9s marginalis\u00e9es. En outre, nombre d\u2019entre elles continuent d\u2019effectuer un travail \u00e0 domicile r\u00e9mun\u00e9r\u00e9 et non r\u00e9mun\u00e9r\u00e9, o\u00f9 il leur est tr\u00e8s difficile de se syndiquer.<\/p>\n<p>Le capital monopoliste fait obstacle \u00e0 l\u2019avancement professionnel des femmes, \u00e0 l\u2019\u00e9tablissement de garderies d\u2019enfants, aux cong\u00e9s parentaux enti\u00e8rement pay\u00e9s, au libre choix en mati\u00e8re de procr\u00e9ation et \u00e0 leur pleine participation \u00e0 la vie politique. Elles sont \u00e9galement plus durement touch\u00e9es par les compressions budg\u00e9taires dans les services sociaux et les attaques contre les pauvres.<\/p>\n<p>La violence \u00e0 l\u2019\u00e9gard des femmes demeure tr\u00e8s r\u00e9pandue. Les femmes autochtones, les femmes racis\u00e9es, les femmes en milieu rural, les femmes trans et les travailleuses du sexe en sont particuli\u00e8rement touch\u00e9es. Malgr\u00e9 la violence physique et psychologique g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e envers elles ainsi que leur d\u00e9shumanisation, le financement public destin\u00e9 aux refuges pour femmes, aux centres d\u2019aide aux victimes de viol et autres \u00e9tablissements essentiels \u00e0 leur \u00e9gard s\u2019en trouve r\u00e9duit.<\/p>\n<p>L\u2019oppression fond\u00e9e sur le sexe entrainant la pauvret\u00e9, la violence et la discrimination fait partie int\u00e9grante du capitalisme. M\u00eame si le patriarcat existait avant le capitalisme, ce syst\u00e8me \u00e9conomique l\u2019a transform\u00e9 et int\u00e9gr\u00e9 au profit de la classe capitaliste. En outre, la suppression des identit\u00e9s et expressions de genre en dehors des relations et des identit\u00e9s binaires de genre et non h\u00e9t\u00e9rosexuelles fait \u00e9galement partie int\u00e9grante du syst\u00e8me capitaliste patriarcal, pour assurer la pr\u00e9servation de la famille nucl\u00e9aire et ainsi garantir la reproduction de nouveaux travailleurs \u00e0 exploiter par la classe capitaliste.<\/p>\n<p>Alors qu\u2019elles constituent pr\u00e8s de la moiti\u00e9 de la main-d\u2019\u0153uvre r\u00e9mun\u00e9r\u00e9e au Canada, les femmes continuent d\u2019effectuer la majeure partie du travail domestique non r\u00e9mun\u00e9r\u00e9 dans notre soci\u00e9t\u00e9 et dans le monde entier. Bien que ce travail non pay\u00e9 ne fasse pas directement partie du cycle de l\u2019exploitation capitaliste, il joue n\u00e9anmoins un r\u00f4le cl\u00e9 dans le processus de formation de chaque nouvelle g\u00e9n\u00e9ration de travailleurs et travailleuses. Ce double fardeau est l\u2019une des formes les plus importantes d\u2019oppression des femmes sous le capitalisme.<\/p>\n<p>Le capitalisme monopoliste refuse \u00e0 la jeunesse canadienne un avenir prometteur. Un nombre croissant de jeunes hommes et de jeunes femmes sont confront\u00e9s au ch\u00f4mage et au sous-emploi. Les compressions budg\u00e9taires dans l\u2019enseignement public cr\u00e9ent un syst\u00e8me \u00e0 deux vitesses, ouvrant la porte \u00e0 la privatisation totale de l\u2019\u00e9ducation. Les \u00e9tudiants des coll\u00e8ges et des universit\u00e9s doivent faire face \u00e0 des frais de scolarit\u00e9 toujours plus \u00e9lev\u00e9s et \u00e0 des dettes \u00e9crasantes, l\u2019\u00e9ducation postsecondaire devenant de moins en moins accessible aux jeunes issus de la classe ouvri\u00e8re et des couches moyennes.<\/p>\n<p>Ce monopole engendre un racisme syst\u00e9matique qu\u2019il utilise pour g\u00e9n\u00e9rer des superprofits et cr\u00e9er des boucs \u00e9missaires afin de d\u00e9tourner les masses populaires de la lutte pour l\u2019emploi, la sant\u00e9 publique, l\u2019\u00e9ducation et l\u2019am\u00e9lioration des niveaux de vie. Le capitalisme canadien poss\u00e8de une longue histoire de racisme. Les th\u00e9ories racistes de la supr\u00e9matie blanche ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9es pour justifier le pillage brutal perp\u00e9tr\u00e9 contre les peuples autochtones. Le racisme, la x\u00e9nophobie, la discrimination r\u00e9gionale, le sexisme, l\u2019antis\u00e9mitisme et d\u2019autres formes de discrimination \u2013 y compris la discrimination contre les gais, les lesbiennes, les bisexuels et les transgenres; contre les nations et minorit\u00e9s nationales opprim\u00e9es; contre les immigrants, les minorit\u00e9s et communaut\u00e9s culturelles, les groupes religieux et les ath\u00e9es; contre les travailleurs et travailleuses \u00e2g\u00e9s, les retrait\u00e9s et les personnes handicap\u00e9es, ainsi que la discrimination fond\u00e9e sur l\u2019orientation sexuelle, l\u2019identit\u00e9 et l\u2019expression de genre \u2013 sont utilis\u00e9s pour diviser la classe ouvri\u00e8re et affaiblir l\u2019unit\u00e9 des luttes populaires.<\/p>\n<h3>Le capitalisme engendre des crises<\/h3>\n<p>Malgr\u00e9 sa capacit\u00e9 de produire d\u2019immenses richesses, le syst\u00e8me capitaliste moderne au Canada souffre d\u2019une crise qui s\u2019aggrave \u00e0 tous les niveaux. Cette crise syst\u00e9mique comporte de nombreux \u00e9l\u00e9ments : r\u00e9cession \u00e9conomique cyclique, ch\u00f4mage structurel de masse, crises agricoles, environnementales et sociales, entre autres. Le capital financier se sert de ses abondantes ressources, dont l\u2019\u00c9tat canadien, pour tenter de g\u00e9rer cette crise et maintenir sa domination de classe. Mais il ne parvient pas \u00e0 r\u00e9soudre les contradictions fondamentales et inh\u00e9rentes \u00e0 l\u2019origine de la crise syst\u00e9mique du capitalisme.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9conomie capitaliste fonctionne par cycles d\u2019expansion, de crise, de d\u00e9pression et de reprise. L\u2019expansion est p\u00e9riodiquement suivie d\u2019une surabondance de produits sur le march\u00e9. Puis, viennent les fermetures d\u2019usines, les mises \u00e0 pied de travailleurs et travailleuses, non pas parce que la population n\u2019a plus besoin des produits fabriqu\u00e9s par ces entreprises, mais parce que les marchandises ne se vendent plus en quantit\u00e9s et \u00e0 des prix pouvant assurer un niveau de profit satisfaisant pour les capitalistes. La capacit\u00e9 de production entre donc en conflit avec le pouvoir d\u2019achat restreint des masses populaires. Et, apr\u00e8s une lente reprise, le cycle recommence encore une fois pour aboutir \u00e0 sa phase de crise. Ces crises p\u00e9riodiques de surproduction relative sont une caract\u00e9ristique indissociable du capitalisme. Les capitalistes tentent de faire porter le fardeau de ces crises sur le dos des masses laborieuses qui se voient contraintes de riposter.<\/p>\n<p>La r\u00e9gulation de l\u2019\u00e9conomie elle-m\u00eame par l\u2019\u00c9tat est en crise. Le keyn\u00e9sianisme \u2013 une politique r\u00e9formiste bourgeoise faisant appel \u00e0 une intervention limit\u00e9e de l\u2019\u00c9tat \u2013 a largement \u00e9t\u00e9 mis en \u0153uvre au cours de la phase d\u2019expansion \u00e9conomique prolong\u00e9e apr\u00e8s la Seconde Guerre mondiale, afin de stabiliser les \u00e9conomies capitalistes, d\u2019affaiblir le militantisme et l\u2019internationalisme en le d\u00e9tournant des mouvements de la classe ouvri\u00e8re, ainsi que d\u2019affaiblir le puissant attrait qu\u2019exer\u00e7ait alors la voie au socialisme. Si les prescriptions keyn\u00e9siennes ont aid\u00e9 les gouvernements capitalistes \u00e0 att\u00e9nuer temporairement les pires effets des crises cycliques, en revanche, elles n\u2019ont finalement pas r\u00e9ussi \u00e0 les pr\u00e9venir. Elles ont plut\u00f4t nui aux int\u00e9r\u00eats du capital financier tout en \u00e9largissant le secteur public et en \u00e9tendant les protections limit\u00e9es des salaires et revenus pour les masses laborieuses \u2013 le soi-disant \u00ab \u00c9tat-providence \u00bb \u2013, entravant ainsi l\u2019accumulation et la centralisation du capital. Les int\u00e9r\u00eats des soci\u00e9t\u00e9s multinationales, en particulier, sont entr\u00e9s plus profond\u00e9ment en conflit avec les politiques keyn\u00e9siennes de r\u00e9gulation de l\u2019\u00c9tat, qui tendaient \u00e0 freiner les flux de capitaux internationaux et l\u2019activit\u00e9 des soci\u00e9t\u00e9s multinationales en g\u00e9n\u00e9ral. Ces politiques keyn\u00e9siennes ont \u00e9galement plong\u00e9 l\u2019\u00c9tat capitaliste dans une \u00e9norme dette publique, dont les frais de service auront principalement \u00e9t\u00e9 assum\u00e9s par les masses laborieuses.<\/p>\n<p>Vers le milieu des ann\u00e9es 1970, l\u2019aggravation de la crise force le capital financier \u00e0 rejeter les politiques \u00e9conomiques keyn\u00e9siennes pour se tourner vers le n\u00e9olib\u00e9ralisme. Sous le slogan de \u00ab Retour au march\u00e9 libre \u00bb, les gouvernements capitalistes du Canada et d\u2019ailleurs commencent \u00e0 imposer un programme d\u00e9vastateur et antipopulaire, mais favorable aux entreprises, qui pr\u00e9voit la lib\u00e9ralisation ou le \u00ab libre \u00bb \u00e9change, la d\u00e9r\u00e9glementation et la privatisation, des r\u00e9ductions d\u2019imp\u00f4t sur les soci\u00e9t\u00e9s, une intensification des attaques contre les droits syndicaux et d\u00e9mocratiques, ainsi que diverses mesures visant \u00e0 faire baisser les revenus r\u00e9els et le niveau de vie des masses laborieuses au profit des banques et des monopoles.<\/p>\n<p>Ce changement substantiel vers une politique n\u00e9olib\u00e9rale se montrera tr\u00e8s efficace \u00e0 stopper la baisse du taux de profit et \u00e0 l\u2019inverser temporairement, tout en acc\u00e9l\u00e9rant l\u2019accumulation et la concentration de la richesse entre les mains de l\u2019\u00e9lite capitaliste au pouvoir. Mais ces politiques entraineront \u00e9galement une baisse du pouvoir d\u2019achat de la grande majorit\u00e9 de la population, et le seul moyen de maintenir la demande globale de produits et services aura \u00e9t\u00e9 d\u2019accorder des cr\u00e9dits bon march\u00e9 qui, au fil du temps, ont consid\u00e9rablement alourdi le fardeau de la dette support\u00e9 par les m\u00e9nages comme par les gouvernements.<\/p>\n<p>Au d\u00e9but des ann\u00e9es 2000, cette \u00ab bulle de la dette \u00bb avait atteint des niveaux insoutenables, avant d\u2019\u00e9clater lors de la \u00ab crise \u00e9conomique mondiale \u00bb de 2007-2008, la crise capitaliste la plus importante, la plus \u00e9tendue et la plus longue depuis la Grande D\u00e9pression des ann\u00e9es 1930. La production et le commerce international se sont alors effondr\u00e9s, et le ch\u00f4mage de masse, la pauvret\u00e9 ont grimp\u00e9 en fl\u00e8che aux \u00c9tats-Unis, en Europe et ailleurs dans le monde. Les cons\u00e9quences d\u00e9sastreuses du n\u00e9olib\u00e9ralisme ont \u00e9t\u00e9 enti\u00e8rement expos\u00e9es.<\/p>\n<p>Les cercles dirigeants du capital financier et leurs gouvernements ont toutefois refus\u00e9 de changer de cap \u00e0 la suite de la crise. Au lieu de cela, ils ont utilis\u00e9 les tr\u00e9sors publics pour renflouer les pertes des entreprises \u00e0 hauteur de dizaines de billions de dollars, et ont impos\u00e9 de nouvelles mesures d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 et des r\u00e9ductions de salaire \u00e0 la classe ouvri\u00e8re, ainsi qu\u2019aux masses laborieuses en g\u00e9n\u00e9ral. En cons\u00e9quence, la croissance \u00e9conomique r\u00e9elle du PIB est rest\u00e9e stagnante, tandis que l\u2019endettement des gouvernements et des m\u00e9nages a augment\u00e9 encore plus que les niveaux de 2007-2008, pr\u00e9parant ainsi le terrain pour une autre crise capitaliste encore plus d\u00e9vastatrice.<\/p>\n<p>Le n\u00e9olib\u00e9ralisme qui demeure, encore aujourd\u2019hui, la politique dominante du capital financier constitue une attaque impitoyable contre les masses laborieuses. Mais un retour aux politiques rat\u00e9es du keyn\u00e9sianisme ne saurait en aucun cas constituer une solution de salut pour la classe ouvri\u00e8re. Que ce soit sous la forme du gant de velours du r\u00e9formisme de l\u2019\u00ab \u00c9tat-providence \u00bb ou du coup de poing de la r\u00e9action n\u00e9olib\u00e9rale, les politiques du capital financier et de son \u00c9tat n\u2019ont fait que cr\u00e9er de nouvelles contradictions.<\/p>\n<p>Aucun des deux types de politiques bourgeoises ne peut d\u00e9barrasser l\u2019\u00e9conomie capitaliste de ses in\u00e9galit\u00e9s organiques et de ses crises \u00e9conomiques, ni assurer un progr\u00e8s \u00e9conomique rapide et non inflationniste, pas plus que le plein emploi efficace de la force de travail et du capital. La croissance \u00e9conomique entraine in\u00e9vitablement une surchauffe de l\u2019\u00e9conomie, produisant des tensions excessives et des in\u00e9galit\u00e9s de d\u00e9veloppement, de m\u00eame qu\u2019une crise mon\u00e9taire et financi\u00e8re. Tout cela montre que le capitalisme monopoliste d\u2019\u00c9tat ne peut \u00e9liminer l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 \u00e9conomique, les crises cycliques et le ch\u00f4mage de masse chronique. Cela pourrait, par ailleurs, aggraver consid\u00e9rablement les conditions \u00e9conomiques et sociales de la classe ouvri\u00e8re, cr\u00e9ant ainsi les conditions politiques pour la croissance de la r\u00e9action et l\u2019\u00e9mergence de mouvements fascistes.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 toutes les r\u00e9glementations nationales et internationales, le capitalisme monopoliste demeure fondamentalement une \u00e9conomie de march\u00e9 anarchique. En effet, les r\u00e9glementations nationales et le d\u00e9veloppement planifi\u00e9 de l\u2019\u00e9conomie sont fondamentalement incompatibles avec les relations capitalistes de propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e et les forces spontan\u00e9es du march\u00e9 capitaliste.<\/p>\n<p>Seule une solution d\u00e9mocratique et anti-corporative mettant les int\u00e9r\u00eats du peuple avant le profit peut faire avancer les int\u00e9r\u00eats des masses laborieuses au Canada, et ainsi ouvrir la voie \u00e0 un v\u00e9ritable pouvoir populaire, c\u2019est-\u00e0-dire au socialisme.<\/p>\n<h3>La productivit\u00e9, le ch\u00f4mage et la classe ouvri\u00e8re<\/h3>\n<p>L\u2019innovation technologique dans des conditions de monopole capitaliste est responsable de changements structurels majeurs, d\u2019in\u00e9galit\u00e9s entre les diff\u00e9rentes sph\u00e8res de production et d\u2019une distorsion totale de l\u2019\u00e9conomie \u00e0 la fois au sein de chaque pays comme \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale. Le capital financier international utilise son monopole technologique pour piller les pays en d\u00e9veloppement.<\/p>\n<p>Le rythme acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 des progr\u00e8s scientifiques et technologiques, et leur application rapide dans toutes les sph\u00e8res de la vie, a qualitativement transform\u00e9 les forces productives (c\u2019est-\u00e0-dire les outils, les mati\u00e8res premi\u00e8res et, surtout, la main-d\u2019\u0153uvre elle-m\u00eame). Le caract\u00e8re et la substance du travail des travailleurs dans le processus de production sont en constante \u00e9volution, ce qui affecte \u00e0 la fois la composition de la classe ouvri\u00e8re et ses relations avec les autres classes et couches de la population. Le capital financier, dans sa course folle aux profits, utilise la technologie pour r\u00e9duire les co\u00fbts de production en rempla\u00e7ant le travail humain par des machines et d\u2019autres proc\u00e9d\u00e9s permettant d\u2019\u00e9conomiser de la main-d\u2019\u0153uvre. Les progr\u00e8s scientifiques et technologiques ont augment\u00e9 le degr\u00e9 d\u2019exploitation et d\u2019ali\u00e9nation de la classe ouvri\u00e8re.<\/p>\n<p>L\u2019introduction de nouvelles technologies n\u2019a pas chang\u00e9 l\u2019essence du capitalisme et ne permettra donc pas l\u2019\u00e9mancipation de la classe ouvri\u00e8re. Bien au contraire, les nouvelles technologies entrainent le d\u00e9placement de travailleurs et travailleuses en augmentant le taux d\u2019exploitation, acc\u00e9l\u00e9rant ainsi l\u2019antagonisme entre les deux classes. Alors que le d\u00e9veloppement de la classe ouvri\u00e8re industrielle s\u2019intensifie dans d\u2019autres secteurs capitalistes, les travailleurs et travailleuses du secteur manufacturier (\u00e0 l\u2019exception de l\u2019assemblage d\u2019automobiles) ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9organis\u00e9s en unit\u00e9s de production de plus petites tailles dans le domaine de la haute technologie, o\u00f9 de plus petits groupes de travailleurs pr\u00e9caires se retrouvent isol\u00e9s de la majorit\u00e9 des travailleurs syndiqu\u00e9s. Cela a bris\u00e9 la collectivisation de ce qui a \u00e9t\u00e9 la partie la plus militante et la plus organis\u00e9e de la classe ouvri\u00e8re industrielle. Le mouvement ouvrier ne s\u2019est pas encore attaqu\u00e9 \u00e0 ce probl\u00e8me qui, li\u00e9 \u00e0 la d\u00e9sindustrialisation, a entrain\u00e9 une baisse importante du taux de syndicalisation dans le secteur priv\u00e9. Plus les progr\u00e8s technologiques se multiplient et plus le taux de productivit\u00e9 s\u2019accroit, plus le taux d\u2019exploitation augmente et plus l\u2019intensit\u00e9 du travail s\u2019accentue, et plus se creuse le foss\u00e9 qui s\u00e9pare le capital financier des masses laborieuses. L\u2019allongement des heures de travail ainsi que l\u2019augmentation du stress physique et mental exig\u00e9 de chaque travailleur ont un effet n\u00e9gatif sur la sant\u00e9 et la s\u00e9curit\u00e9 de tous les travailleurs et travailleuses.<\/p>\n<p>On observe une tendance croissante \u00e0 embaucher des employ\u00e9s \u00e0 court terme, sur une base temporaire, sans horaires fixes, ni salaires, ni avantages sociaux, souvent coordonn\u00e9s via des plateformes num\u00e9riques. Cette tendance repr\u00e9sente une atteinte brutale aux droits et aux conditions des travailleurs et travailleuses, qui sont d\u00e9sormais class\u00e9s comme \u00ab entrepreneurs ind\u00e9pendants \u00bb pour permettre aux employeurs d\u2019\u00e9chapper aux obligations d\u2019une relation de travail traditionnelle. Les conditions de travail sont souvent contr\u00f4l\u00e9es \u00e0 partir d\u2019autres comp\u00e9tences territoriales, hors de port\u00e9e des lois ou des directives sur les normes du travail, et peuvent \u00eatre modifi\u00e9es sans pr\u00e9avis. Pr\u00e9sent\u00e9 comme \u00ab progr\u00e8s technologique \u00bb, il s\u2019agit en r\u00e9alit\u00e9 d\u2019une strat\u00e9gie capitaliste visant \u00e0 intensifier l\u2019exploitation de la classe ouvri\u00e8re et \u00e0 entraver la capacit\u00e9 des travailleurs et travailleuses \u00e0 se syndiquer, puisqu\u2019ils sont souvent plac\u00e9s en concurrence les uns avec les autres et ne se rencontreront peut-\u00eatre jamais en personne.<\/p>\n<p>Les progr\u00e8s scientifiques dans le domaine de l\u2019intelligence artificielle (IA), et son application au processus de production, accentuent rapidement les contradictions inh\u00e9rentes au capitalisme. L\u2019IA a le potentiel d\u2019am\u00e9liorer la sant\u00e9 et la qualit\u00e9 de vie de l\u2019ensemble de l\u2019humanit\u00e9, de faciliter les avanc\u00e9es scientifiques permettant d\u2019inverser la destruction de l\u2019environnement et le changement climatique, et de r\u00e9duire consid\u00e9rablement le temps de travail n\u00e9cessaire, d\u2019augmenter le temps de loisirs, etc. Mais dans le cadre des relations capitalistes, la recherche sur l\u2019IA vise plut\u00f4t \u00e0 accroitre les profits des employeurs en \u00e9liminant des cat\u00e9gories enti\u00e8res de travail humain, au d\u00e9triment des travailleurs, de leurs familles et de leurs communaut\u00e9s, et vers des applications militaires (telles que les syst\u00e8mes d\u2019armes l\u00e9tales autonomes) susceptibles de menacer l\u2019humanit\u00e9 tout enti\u00e8re. \u00c0 moins d\u2019\u00eatre invers\u00e9e, cette voie conduira \u00e0 la marginalisation et la paup\u00e9risation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9es de la classe ouvri\u00e8re, \u00e0 une plus grande d\u00e9gradation des droits du travail et des droits d\u00e9mocratiques, ainsi qu\u2019\u00e0 l\u2019agression et \u00e0 la guerre.<\/p>\n<p>La r\u00e9volution scientifique et technologique a intensifi\u00e9 l\u2019anarchie de la production et les in\u00e9galit\u00e9s du d\u00e9veloppement capitaliste. La concurrence f\u00e9roce entre les multinationales et les groupes financiers rivaux pousse chaque entreprise \u00e0 introduire des technologies permettant de r\u00e9duire les co\u00fbts. Mais les innovations technologiques sont extr\u00eamement couteuses, et leur implantation dans les lieux de travail accentue \u00e0 la baisse le taux de profit. Le capital financier essaie, \u00e0 son tour, de compenser cette baisse tendancielle du taux de profit de plusieurs fa\u00e7ons : (1) en r\u00e9duisant ses co\u00fbts de main-d\u2019\u0153uvre par des r\u00e9ductions de salaire, des r\u00e9ductions d\u2019avantages sociaux, des r\u00e9ductions de pensions, l\u2019acc\u00e9l\u00e9ration de la cadence de production, l\u2019allongement de la journ\u00e9e de travail, des contrats de travail, des licenciements, des fermetures d\u2019usines et d\u2019autres formes de restructuration des entreprises; (2) en absorbant ses concurrents ou en fusionnant avec eux; (3) en redistribuant les revenus des travailleurs et travailleuses \u00e0 la classe capitaliste par le biais de politiques fiscales; (4) en privatisant des parties du secteur public et en les transformant en nouvelles sources de profit; et (5) en for\u00e7ant l\u2019acc\u00e8s \u00e0 de nouveaux march\u00e9s par le biais d\u2019accords commerciaux et d\u2019investissement et, s\u2019il le faut, par une agression militaire.<\/p>\n<p>Les progr\u00e8s en technologie de l\u2019information repr\u00e9sentent un facteur cl\u00e9 dans la mondialisation et la normalisation de nombreux secteurs de production. Dans un contexte g\u00e9n\u00e9ral d\u2019accroissement de la mobilit\u00e9 des capitaux, on observe en particulier une am\u00e9lioration dans la transportabilit\u00e9 des produits. En augmentant le nombre et les types d\u2019industries, le capital peut r\u00e9pondre aux gr\u00e8ves ou aux revendications des travailleurs et travailleuses en d\u00e9localisant rapidement \u2013 et presque sans interruption \u2013 des processus de production entiers de fa\u00e7on permanente ou temporaire. Comme pour toutes les r\u00e9volutions technologiques pr\u00e9c\u00e9dentes, de tels changements de la production se refl\u00e8tent dans la composition et la structure de la classe ouvri\u00e8re, et exigent que le mouvement ouvrier se r\u00e9organise et d\u00e9veloppe de nouvelles tactiques ainsi que de nouvelles formes de lutte pour relever le d\u00e9fi, notamment en augmentant la coop\u00e9ration internationale et l\u2019action conjointe du mouvement international de la classe ouvri\u00e8re.<\/p>\n<p>Bien que le capital monopoliste retarde parfois les perc\u00e9es scientifiques et techniques, allant m\u00eame jusqu\u2019\u00e0 les supprimer dans ses propres int\u00e9r\u00eats, la tendance pr\u00e9dominante consiste \u00e0 introduire de nouvelles technologies pour augmenter la productivit\u00e9 et r\u00e9duire les co\u00fbts de production, afin d\u2019obtenir plus de profits d\u2019une main-d\u2019\u0153uvre moins nombreuse. Les multinationales \u00e9tats-uniennes exercent une mainmise sur les technologies de pointe afin de miner davantage l\u2019ind\u00e9pendance et la souverainet\u00e9 du Canada, ce qui aurait pour effet d\u2019entraver la recherche et le d\u00e9veloppement, ainsi que de r\u00e9duire le nombre d\u2019emplois qualifi\u00e9s et de hautes technologies disponible pour les travailleurs canadiens.<\/p>\n<p>Le co\u00fbt extr\u00eamement \u00e9lev\u00e9 de la modernisation de l\u2019\u00e9conomie, par l\u2019implantation des technologies les plus r\u00e9centes, se finance gr\u00e2ce aux profits exorbitants arrach\u00e9s \u00e0 la classe ouvri\u00e8re dans les pays capitalistes d\u00e9velopp\u00e9s, gr\u00e2ce aux capitaux siphonn\u00e9s par les soci\u00e9t\u00e9s multinationales dans les pays les plus exploit\u00e9s et les plus pauvres, et gr\u00e2ce aux g\u00e9n\u00e9reuses subventions gouvernementales accord\u00e9es au commerce et \u00e0 l\u2019industrie, et pay\u00e9es \u00e0 m\u00eame les imp\u00f4ts des masses laborieuses.<\/p>\n<p>Les accords de libre-\u00e9change ont entrain\u00e9 la d\u00e9sindustrialisation et l\u2019exportation de centaines de milliers d\u2019emplois, cr\u00e9ant ainsi un vaste bassin de ch\u00f4meurs utilis\u00e9s pour faire baisser les salaires et r\u00e9duire les conditions de travail de la main-d\u2019\u0153uvre salari\u00e9e et syndiqu\u00e9e.<\/p>\n<p>Ces accords de libre-\u00e9change contiennent des clauses de r\u00e8glement des diff\u00e9rends entre investisseurs et \u00c9tats (RDIE), en vertu desquelles un tribunal compos\u00e9 d\u2019avocats d\u2019affaires peut annuler la l\u00e9gislation nationale d\u2019un \u00c9tat en mati\u00e8re de sant\u00e9, d\u2019environnement et de finances. Une soci\u00e9t\u00e9 multinationale qui pr\u00e9tend avoir subi une perte de profits actuels ou futurs en raison de l\u2019application de ces lois peut poursuivre l\u2019\u00c9tat. Ces tribunaux nomm\u00e9s par les entreprises permettent aux avocats d\u2019agir \u00e0 tour de r\u00f4le en tant que \u00ab juges \u00bb, et \u00e0 engager des poursuites en faveur des entreprises contre les gouvernements; un conflit d\u2019int\u00e9r\u00eats qui devrait \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme ill\u00e9gal en droit. Seules les entreprises peuvent poursuivre l\u2019\u00c9tat. \u00c0 l\u2019inverse, l\u2019\u00c9tat ne peut pas poursuivre les entreprises. Il s\u2019agit l\u00e0 d\u2019une victoire garantie pour les entreprises sur la souverainet\u00e9 de l\u2019\u00c9tat et d\u2019une menace pour la\nd\u00e9mocratie.<\/p>\n<p>Ces accords contribuent \u00e9galement \u00e0 la surexploitation des travailleurs et travailleuses\ndans les pays de destination. L\u2019unit\u00e9 et la solidarit\u00e9 de la classe ouvri\u00e8re internationale sont\nle meilleur moyen de contrer les soci\u00e9t\u00e9s multinationales et leur strat\u00e9gie visant \u00e0 monter\nles travailleurs les uns contre les autres dans leur qu\u00eate d\u2019augmentation des superprofits.<\/p>\n<p>L\u2019\u00c9tat adopte les mesures \u00e9conomiques, organisationnelles et administratives n\u00e9cessaires pour\nbriser la r\u00e9sistance face \u00e0 l\u2019introduction de nouvelles technologies. Ainsi, voit-on s\u2019intensifier les\n\nattaques contre l\u2019existence m\u00eame des syndicats et leur capacit\u00e9 \u00e0 r\u00e9sister au caract\u00e8re anti-\nouvrier des restructurations. Cet assaut des entreprises est men\u00e9 dans le but d\u2019affaiblir et de\n\nminer les normes et les lois du travail telles que le droit de se syndiquer, de n\u00e9gocier des\n\nconventions collectives et de faire la gr\u00e8ve; en plus de s\u2019attaquer aux salaires r\u00e9els et aux\nprogrammes sociaux.<\/p>\n<p>Le probl\u00e8me social le plus grave li\u00e9 \u00e0 l\u2019introduction des nouvelles sciences et technologies est la\ncroissance du ch\u00f4mage. Si la cr\u00e9ation d\u2019emplois au cours de la r\u00e9volution scientifique et\ntechnologique a eu tendance \u00e0 favoriser les travailleurs et travailleuses du secteur de\nl\u2019ing\u00e9nierie, de la recherche et de la haute technologie, le taux de formation professionnelle a\nquant \u00e0 lui chut\u00e9 en dessous du taux de croissance de la population dans son ensemble.\nL\u2019augmentation des taux de ch\u00f4mage end\u00e9mique et de sous-emplois est devenue un\nph\u00e9nom\u00e8ne de masse, ind\u00e9pendant des phases de reprise et d\u2019expansion du cycle\n\u00e9conomique. Le Canada est confront\u00e9 aux cons\u00e9quences tragiques d\u2019une g\u00e9n\u00e9ration de jeunes,\ndont bon nombre ne travailleront peut-\u00eatre jamais \u00e0 temps plein, voire jamais du tout. Les\ntravailleurs et travailleuses au ch\u00f4mage qualifi\u00e9s de \u00ab plus \u00e2g\u00e9s \u00bb par les employeurs sont\nvictimes de discrimination et se voient refuser la r\u00e9int\u00e9gration sur le march\u00e9 du travail, en raison\nde leurs comp\u00e9tences inad\u00e9quates et de la non-rentabilit\u00e9 de les recycler pour une dur\u00e9e de vie\nprofessionnelle restante relativement br\u00e8ve.<\/p>\n<p>Cette tendance qui devrait se maintenir accentuera les conflits sociaux.<\/p>\n<p>Dans un contexte de ch\u00f4mage \u00e9lev\u00e9 et de processus de production tr\u00e8s flexible, on observe\nune croissance notable du travail \u00e0 temps partiel, temporaire et contractuel, en particulier chez\nles femmes, les travailleurs racis\u00e9s et les jeunes travailleurs. Une l\u00e9gislation r\u00e9gressive du\ntravail prive souvent ces travailleurs des garanties de salaire minimum, de la s\u00e9curit\u00e9\nd\u2019emploi, des prestations de s\u00e9curit\u00e9 sociale ou du droit de se syndiquer. Cette r\u00e9alit\u00e9 isole un\ngrand nombre de travailleurs et travailleuses \u00e0 temps partiel du reste de la main-d\u2019\u0153uvre et,\nnotamment, du mouvement syndical, une tendance renforc\u00e9e par la nature du travail pr\u00e9caire\net les conditions m\u00eames des travailleurs pr\u00e9caires.<\/p>\n<p>La combinaison du ch\u00f4mage et du sous-emploi a entrain\u00e9 un niveau qualitativement nouveau\nde pauvret\u00e9, atteignant de nouvelles couches de la population. \u00c0 moins d\u2019\u00eatre combattus par\nla classe ouvri\u00e8re et les personnes \u00e0 l\u2019esprit d\u00e9mocratique, la r\u00e9action et le fascisme\nexploiteront les craintes et l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 ressenties par les ch\u00f4meurs permanents, les personnes\nmarginalis\u00e9es, les agriculteurs pauvres et les petits entrepreneurs ruin\u00e9s.<\/p>\n<p>Le ch\u00f4mage structurel accentue les divisions existantes entre les personnes qui occupent un\nemploi, les ch\u00f4meurs et les personnes \u00e9cart\u00e9es de fa\u00e7on permanente du march\u00e9 du travail.\nL\u2019arm\u00e9e de r\u00e9serve des ch\u00f4meurs peut \u00eatre utilis\u00e9e non seulement pour faire baisser les\nsalaires, mais aussi pour dresser des secteurs de travailleurs les uns contre les autres. Le\ncapitalisme monopoliste d\u2019\u00c9tat utilise cette tactique de concurrence et de stratification comme\nun moyen de s\u2019attaquer aux masses laborieuses. La population active, constamment forc\u00e9e\nde payer plus d\u2019imp\u00f4ts directs et indirects, se dresse contre les pauvres et les ch\u00f4meurs, qui\npaient eux aussi des imp\u00f4ts directs et indirects, mais dont le sort reste toujours plus\nd\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 au fur et \u00e0 mesure que les programmes sociaux destin\u00e9s \u00e0 leur venir en aide sont\nsyst\u00e9matiquement r\u00e9duits.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 le ch\u00f4mage chronique, la classe ouvri\u00e8re continue de croitre tant en termes relatifs\nqu\u2019absolus. L\u2019exode historique des populations rurales \u00e0 destination des villes ne constitue\nplus la principale source de croissance de la classe ouvri\u00e8re. Ses rangs s\u2019accroissent\nd\u00e9sormais principalement gr\u00e2ce \u00e0 la tendance \u00e0 la collectivisation et \u00e0 la prol\u00e9tarisation des\nprofessions, de semi-professions, des secteurs commerciaux, administratifs et de bureau, et\n\ngr\u00e2ce \u00e0 la participation accrue du nombre de femmes et de nouveaux immigrants \u00e0 la main-\nd\u2019\u0153uvre r\u00e9mun\u00e9r\u00e9e.<\/p>\n<p>L\u2019immigration est, particuli\u00e8rement, en train de changer le visage de la classe ouvri\u00e8re au\nCanada. En effet, de nombreuses personnes racis\u00e9es viennent grossir ses rangs, cr\u00e9ant ainsi\nune main-d\u2019\u0153uvre de plus en plus multiethnique et multilingue, surtout dans les principaux\ncentres urbains. Les nouveaux immigrants apportent souvent non seulement la diversit\u00e9\nethnique et culturelle au sein de la classe ouvri\u00e8re, mais aussi leur exp\u00e9rience, leur\nmilitantisme et leur conscience de classe, d\u00e9velopp\u00e9s par les luttes de classe dans leurs pays\nd\u2019origine.<\/p>\n<p>D\u2019importants changements sont survenus dans la composition sectorielle de la classe ouvri\u00e8re.\nHistoriquement parlant, cette derni\u00e8re \u00e9tait principalement compos\u00e9e de travailleurs manuels,\nen particulier d\u2019ouvriers dans les usines, les mines et autres entreprises de grande envergure,\ndont le travail \u00e9tait collectif, disciplin\u00e9 et directement subordonn\u00e9 aux exigences de\n\nl\u2019accumulation capitaliste. De nouveaux secteurs importants de la classe ouvri\u00e8re se sont\nd\u00e9velopp\u00e9s, notamment dans le secteur public et des industries de services, o\u00f9 les travailleurs\nsont principalement des femmes. La r\u00e9volution scientifique, technologique et informationnelle en\ncours cr\u00e9e \u00e9galement de nouvelles industries et professions, tout en transformant les plus\nanciennes. Les travailleurs et travailleuses des nouvelles industries technologiques de masse,\ndes institutions publiques et des grandes industries de services jouent un r\u00f4le toujours plus actif\net \u00e0 part enti\u00e8re au sein du mouvement syndical organis\u00e9, aux c\u00f4t\u00e9s de leurs fr\u00e8res et s\u0153urs\ndes industries plus traditionnelles.<\/p>\n<p>Certains des nouveaux secteurs de la main-d\u2019\u0153uvre, compos\u00e9s de travailleurs et travailleuses\nplus jeunes, apportent un regain de militantisme et de dynamisme au mouvement syndical.\nBien que beaucoup d\u2019entre eux manquent d\u2019exp\u00e9rience, leur \u00e9nergie et leur d\u00e9termination \u00e0 se\nbattre ont un impact globalement positif sur le d\u00e9veloppement du mouvement syndical\norganis\u00e9. Toutefois, l\u2019impact le plus important sur ce dernier est le d\u00e9veloppement des\nsyndicats du secteur public, qui repr\u00e9sentent maintenant plus de 60 pour cent du mouvement\nsyndical et se composent d\u2019une majorit\u00e9 de femmes. Dans l\u2019ensemble de ce mouvement, les\nfemmes repr\u00e9sentent d\u00e9sormais plus de 50 pour cent des membres et ont apport\u00e9 une nouvelle\ndynamique ainsi qu\u2019une r\u00e9surgence \u00e0 la lutte des classes.<\/p>\n<p>Depuis les ann\u00e9es 1970, on assiste \u00e0 une augmentation du nombre et de la proportion des\ntravailleurs et travailleuses autonomes au Canada. Les m\u00e9dias capitalistes d\u00e9forment cette\n\u00e9volution en pr\u00e9tendant qu\u2019il y a eu une r\u00e9surgence de l\u2019enthousiasme et des valeurs pour le\ncapitalisme au sein de la soci\u00e9t\u00e9. En r\u00e9alit\u00e9, bon nombre de ces nouveaux \u00ab entrepreneurs \u00bb\nsont le r\u00e9sultat de la sous-traitance, des licenciements et de la pauvret\u00e9, sans r\u00e9elle\nind\u00e9pendance, au niveau de vie inf\u00e9rieure et ayant plus de points en commun avec les\ntravailleurs qu\u2019avec les capitalistes.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 ces changements, la classe ouvri\u00e8re reste une classe compos\u00e9e de salari\u00e9s qui ne\nposs\u00e8dent pas de moyens de production, de distribution ou d\u2019\u00e9change, doivent vendre leur force\nde travail pour vivre et sont directement ou indirectement exploit\u00e9s par les capitalistes. Le conflit\nirr\u00e9conciliable entre le travail et le capital demeure l\u2019axe principal de la vie sociale et politique.<\/p>\n<h3>La crise dans les r\u00e9gions rurales au Canada<\/h3>\n<p>Le capitalisme monopoliste d\u2019\u00c9tat est responsable de la crise agricole au Canada. Le d\u00e9clin\nhistorique de sa population agricole est principalement attribuable \u00e0 la tendance du\ncapitalisme \u00e0 concentrer la richesse entre de moins en moins de mains, en l\u2019occurrence en\n\u00e9vin\u00e7ant les petits agriculteurs et agricultrices qui ne peuvent se permettre les couts plus\n\u00e9lev\u00e9s de machines plus productives et d\u2019autres intrants. Les politiques des gouvernements,\nfavorables aux monopoles, n\u2019ont fait que renforcer cette tendance. Les monopoles financiers\net industriels dominent l\u2019agriculture, et les agriculteurs sont oblig\u00e9s de payer des prix de\nmonopole \u00e9lev\u00e9s pour les semences, l\u2019\u00e9quipement et d\u2019autres intrants, tandis que les prix\nqu\u2019ils obtiennent pour leurs produits sont fix\u00e9s par les puissants monopoles de l\u2019emballage,\nde la mouture, de la manutention des grains et du transport ferroviaire. Le capital\nmonopoliste escroque les agriculteurs en contr\u00f4lant les march\u00e9s, les prix et les cr\u00e9dits. Il\n\u00e9tend sa domination sur l\u2019agriculture par le biais du secteur de l\u2019agroentreprise et\nl\u2019introduction forc\u00e9e de biotechnologies telles que les cultures g\u00e9n\u00e9tiquement modifi\u00e9es, dont\nl\u2019utilisation est strictement contr\u00f4l\u00e9e par les monopoles agricoles.<\/p>\n<p>Le contr\u00f4le et la propri\u00e9t\u00e9 des terres et des ressources en capital, de plus en plus entre les\nmains de monopoles, imposent des dettes \u00e9crasantes aux exploitations agricoles familiales,\nacc\u00e9l\u00e9rant ainsi les faillites et chassant la population agricole hors de ses terres en nombre\nrecord. La faillite des fermes familiales ou la transformation de ces familles en travailleurs\nagricoles \u2013 c\u2019est-\u00e0-dire leur prol\u00e9tarisation croissante \u2013 et le recours toujours plus fr\u00e9quent \u00e0\nune main-d\u2019\u0153uvre migrante fortement exploit\u00e9e sont une cons\u00e9quence directe du contr\u00f4le par\nle capital financier de l\u2019agriculture et des industries agroalimentaires et des machines agricoles.<\/p>\n<p>Une situation semblable touche d\u2019autres producteurs primaires, tels que les p\u00eacheurs et les\npropri\u00e9taires de terres \u00e0 bois, qui d\u00e9pendent de la pr\u00e9servation des ressources renouvelables\nde la terre et de la mer. La domination de ces industries par les grandes entreprises et\nl\u2019introduction d\u2019\u00e9quipements de r\u00e9colte et de transformation de haute technologie \u00e9puisent\nrapidement la base de ressources, entrainant dans certains cas des catastrophes\n\nenvironnementales. Les petits producteurs primaires sont \u00e9galement \u00e0 la merci de ces\ngrandes entreprises, auxquelles ils doivent vendre leurs r\u00e9coltes. Coinc\u00e9s entre une\nmonopolisation croissante, la hausse des couts d\u2019exploitation et de la dette, la baisse des prix\nde gros et l\u2019\u00e9puisement des ressources, ces producteurs primaires et leurs familles voient\nleurs revenus diminuer; et des milliers d\u2019entre eux sont contraints d\u2019abandonner compl\u00e8tement\nleurs moyens de subsistance.<\/p>\n<p>La restructuration technologique et l\u2019\u00e9puisement des ressources foresti\u00e8res et min\u00e9rales du\nCanada entrainent, \u00e9galement, d\u2019importantes r\u00e9percussions sur les travailleurs industriels,\nnotamment les mineurs et les travailleurs du bois, qui vivent et travaillent dans des collectivit\u00e9s\nrurales et isol\u00e9es. L\u2019automatisation, l\u2019\u00e9puisement des ressources ou ces deux \u00e9l\u00e9ments\ncombin\u00e9s ont \u00e9limin\u00e9 plusieurs milliers d\u2019emplois bien r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s et syndiqu\u00e9s.<\/p>\n<p>Cette crise qui touche les agriculteurs familiaux et les producteurs primaires, les mineurs et les\ntravailleurs du bois est en train de d\u00e9truire la base \u00e9conomique de nombreuses collectivit\u00e9s\nrurales et petites villes partout au Canada, ruinant les petites entreprises ind\u00e9pendantes et\naugmentant le ch\u00f4mage \u00e0 la campagne.<\/p>\n<h3>La crise environnementale<\/h3>\n<p>Sous le capitalisme, tant la main-d\u2019\u0153uvre que l\u2019environnement naturel sont exploit\u00e9s en vue de\nsatisfaire l\u2019objectif primordial des capitalistes, \u00e0 savoir : le profit priv\u00e9. En tant que syst\u00e8me, le\ncapitalisme ne peut exister qu\u2019en augmentant continuellement l\u2019\u00e9tendue et l\u2019intensit\u00e9 de\nl\u2019exploitation et de l\u2019appauvrissement de la main-d\u2019\u0153uvre, de m\u00eame que le pillage de\nl\u2019environnement.<\/p>\n<p>Le syst\u00e8me imp\u00e9rialiste est la cause fondamentale de la d\u00e9gradation de l\u2019environnement et de\nl\u2019in\u00e9galit\u00e9 dans l\u2019utilisation des ressources. Le capitalisme, en tant que mode de production et\nde consommation, a \u00e9lev\u00e9 la d\u00e9gradation de la nature \u00e0 des niveaux historiquement sans\npr\u00e9c\u00e9dent. Au Canada, \u00e0 titre d\u2019exemples, nous n\u2019avons qu\u2019\u00e0 penser \u00e0 l\u2019extraction des sables\nbitumineux et aux impacts sociaux et sanitaires d\u00e9vastateurs sur les peuples autochtones du\nnord de l\u2019Alberta, \u00e0 l\u2019\u00e9puisement de nombreux stocks de poissons de la c\u00f4te est et du\nPacifique, \u00e0 la menace de disparition de la for\u00eat pluviale temp\u00e9r\u00e9e et des for\u00eats anciennes du\nCanada en raison des pratiques de coupe \u00e0 blanc, \u00e0 l\u2019aggravation de la pollution du bassin\nhydrographique des Grands Lacs et \u00e0 la d\u00e9t\u00e9rioration du milieu urbain qui ne cesse de\ns\u2019aggraver dans de nombreuses villes.<\/p>\n<p>La contradiction croissante entre le mode de production capitaliste et l\u2019environnement\nmondial menace la plan\u00e8te enti\u00e8re. L\u2019expansion du capitalisme s\u2019\u00e9tendant \u00e0 tous les continents,\nl\u2019ampleur de la consommation et du gaspillage des ressources et de l\u2019\u00e9nergie, ainsi que la\nprolif\u00e9ration de nouvelles formes et concentrations de produits et de substances toxiques ont\nprovoqu\u00e9 une destruction sans pr\u00e9c\u00e9dent des \u00e9cosyst\u00e8mes et de l\u2019extinction de nombreuses\nesp\u00e8ces. D\u00e9sign\u00e9e par plusieurs scientifiques sous le nom d\u2019anthropoc\u00e8ne, la sixi\u00e8me grande\nvague d\u2019extinctions et de perte de biodiversit\u00e9 dans l\u2019histoire de la Terre est directement li\u00e9e \u00e0\nl\u2019impact des activit\u00e9s \u00e9conomiques humaines, en particulier le changement climatique et le\nr\u00e9chauffement de la plan\u00e8te, caus\u00e9s par les \u00e9missions de carbone et l\u2019incapacit\u00e9 de r\u00e9duire\nconsid\u00e9rablement la consommation de combustibles fossiles. Des r\u00e9gions enti\u00e8res sont\ntouch\u00e9es par la pollution atmosph\u00e9rique, des r\u00e9seaux de lacs et de rivi\u00e8res rendus toxiques, les\neaux et rivages des oc\u00e9ans souill\u00e9s et les sols d\u00e9grad\u00e9s. Les derni\u00e8res grandes for\u00eats de la\nplan\u00e8te sont gravement menac\u00e9es. Les probl\u00e8mes li\u00e9s \u00e0 l\u2019expansion tentaculaire des villes, au\ntrafic routier et aux ordures se multiplient, les d\u00e9chets nucl\u00e9aires s\u2019accumulent, les nappes\nphr\u00e9atiques s\u2019\u00e9puisent tandis que se poursuit la perte d\u2019habitat des animaux. Bien qu\u2019aucun\npays n\u2019en soit \u00e0 l\u2019abri, les \u00e9l\u00e9ments les plus graves de la d\u00e9gradation de l\u2019environnement, tels\nque la mont\u00e9e du niveau des oc\u00e9ans et les s\u00e9cheresses, affectent les populations des pays de\nl\u2019h\u00e9misph\u00e8re sud, qui exigent des r\u00e9parations climatiques de la part des soci\u00e9t\u00e9s multinationales\net des puissances imp\u00e9rialistes. De plus, la classe ouvri\u00e8re est la plus touch\u00e9e par la\nd\u00e9gradation catastrophique de l\u2019environnement, alors que les riches sont prot\u00e9g\u00e9s des pires\neffets de la pollution, des catastrophes naturelles et du changement climatique. Les\ncommunaut\u00e9s racis\u00e9es sont particuli\u00e8rement touch\u00e9es par les industries polluantes et sont\nmoins enclines \u00e0 b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019efforts de nettoyage. Le racisme environnemental est ancr\u00e9 dans\nles pratiques d\u2019extraction des ressources, l\u2019absence de d\u00e9veloppement durable, l\u2019in\u00e9galit\u00e9\n\nd\u2019acc\u00e8s aux terres arables et \u00e0 l\u2019eau potable, ainsi que l\u2019exploitation capitaliste mondiale de\nl\u2019environnement.<\/p>\n<p>Le Canada dispose de certaines des plus importantes bases de ressources et r\u00e9serves\nenvironnementales encore disponibles au monde. Mais, les abus environnementaux commis\npar les entreprises et l\u2019inaction des gouvernements qui devraient pourtant mettre fin \u00e0 une telle\nd\u00e9vastation et l\u2019inverser, menacent nos terres, nos rivi\u00e8res et nos rivages, l\u2019air que nous\nrespirons, notre flore et notre faune, ainsi que la sant\u00e9 de la population. Du fait de sa nature, le\ncapitalisme se trouve incapable de r\u00e9soudre la crise environnementale, puisque sa qu\u00eate\ninh\u00e9rente de profit tend \u00e0 acc\u00e9l\u00e9rer l\u2019expansion et l\u2019intensification de l\u2019extraction des\nressources. M\u00eame les plus petites r\u00e9formes, telles que des moratoires d\u00e9termin\u00e9s et limit\u00e9s\nsur l\u2019extraction des ressources, se heurtent \u00e0 une r\u00e9sistance acharn\u00e9e. Sa pr\u00e9occupation pour\nl\u2019emploi dissimule une recherche de profits toujours plus \u00e9lev\u00e9s.<\/p>\n<p>La lutte des travailleurs et travailleuses pour la sant\u00e9 et la s\u00e9curit\u00e9 au travail, ainsi\nque pour la s\u00e9curit\u00e9 d\u2019emploi est indissociable de la lutte pour la protection et la restauration\nde l\u2019environnement dans son ensemble, de m\u00eame que pour un changement fondamental des\nmentalit\u00e9s et des relations \u00e9conomiques \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019environnement. L\u2019ampleur de\nl\u2019exploitation et des crises capitalistes fait que les enjeux environnementaux sont d\u00e9sormais\nin\u00e9vitablement li\u00e9s aux conditions de vie de la classe ouvri\u00e8re, et cela ici m\u00eame au Canada.\nUne partie du mouvement syndical, en particulier certains syndicats du secteur des\nressources, a adh\u00e9r\u00e9 aux plans d\u2019activit\u00e9s des entreprises qui opposent les mesures de\nprotection de l\u2019environnement \u00e0 l\u2019emploi. La protection de l\u2019environnement est un processus\ncontinu exigeant un effort d\u00e9cisif, uni et \u00e0 long terme de la part de toutes les forces\nprogressistes contre leur ennemi commun : le capitalisme de monopole.<\/p>\n<p>\u00c0 elles seules, les r\u00e9formes environnementales ne peuvent enrayer la tendance g\u00e9n\u00e9rale\n\u00e0 la d\u00e9gradation de l\u2019environnement, et les nombreuses mesures de protection mises en \u0153uvre\njusqu\u2019ici sont aujourd\u2019hui affaiblies ou d\u00e9truites par la d\u00e9r\u00e9glementation n\u00e9olib\u00e9rale et les\ncompressions budg\u00e9taires. Le capital n\u2019a jamais pleinement accept\u00e9 les atteintes \u00e0 sa propri\u00e9t\u00e9\npriv\u00e9e et \u00e0 son \u00ab droit \u00bb d\u2019exploiter. Ni les soci\u00e9t\u00e9s multinationales ni les capitalistes dans leur\nensemble ne sont capables de r\u00e9soudre la crise environnementale. L\u2019ampleur des probl\u00e8mes\nenvironnementaux qui s\u2019accumulent est telle, l\u2019urgence de mettre en \u0153uvre des solutions\nconnues si grande, et la crise qui s\u2019aggrave si enracin\u00e9e dans la nature du capitalisme, qu\u2019un\nchangement d\u00e9mocratique r\u00e9volutionnaire contre le capitalisme lui-m\u00eame s\u2019impose. Un tel\nchangement fondamental ne peut se faire que par l\u2019action politique organis\u00e9e de la classe\nouvri\u00e8re et de ses alli\u00e9s.<\/p>\n<p>Les anciennes soci\u00e9t\u00e9s socialistes ont tent\u00e9, avec plus ou moins de succ\u00e8s, d\u2019\u00e9viter la\ndestruction de l\u2019environnement caus\u00e9e par l\u2019exploitation capitaliste des ressources naturelles.\nPlusieurs pays socialistes ont \u00e9galement d\u00fb faire face aux dommages environnementaux\nconsid\u00e9rables, caus\u00e9s par l\u2019utilisation intensive d\u2019armes chimiques et biologiques par\nl\u2019imp\u00e9rialisme au cours de ses guerres d\u2019agression contre leurs pays et leurs peuples. Mais,\ncontraints de rivaliser \u00e9conomiquement et militairement avec les pays imp\u00e9rialistes, ils ont\nsouvent commis de graves erreurs entrainant de graves dommages environnementaux. Un\nfacteur important aggravant ce probl\u00e8me a \u00e9t\u00e9 l\u2019absence de discussion et de d\u00e9bat approfondis\nde la part d\u2019un certain nombre de partis communistes au pouvoir, qui a affect\u00e9 n\u00e9gativement les\npossibilit\u00e9s de pr\u00e9venir ou de corriger rapidement ces erreurs, afin que le socialisme puisse se\nconstruire sur une base \u00e9cologiquement durable. De telles atteintes \u00e0 l\u2019environnement ne sont\ntoutefois pas inh\u00e9rentes au socialisme, car il ne s\u2019agit pas d\u2019un syst\u00e8me r\u00e9gi par la course aux\nprofits priv\u00e9s. En fait, le socialisme a permis \u00e0 Cuba et \u00e0 la Chine de commencer \u00e0 s\u2019attaquer \u00e0\nla crise environnementale de mani\u00e8re syst\u00e9matique, par exemple en se tournant massivement\nvers les \u00e9nergies renouvelables.<\/p>\n<p>Le socialisme place l\u2019environnement avant les profits, fournissant ainsi les conditions\npr\u00e9alables n\u00e9cessaires \u00e0 la durabilit\u00e9 de l\u2019environnement et offrant la seule alternative\nsyst\u00e9mique permettant d\u2019\u00e9viter la catastrophe, gr\u00e2ce \u00e0 des mesures \u00e9conomiques planifi\u00e9es\nvisant \u00e0 r\u00e9duire consid\u00e9rablement les \u00e9missions de carbone. Seul le socialisme permettra \u00e0\nl\u2019humanit\u00e9 de s\u2019attaquer scientifiquement \u00e0 l\u2019impact consid\u00e9rable de la destruction sauvage et\nanarchique de l\u2019environnement naturel par le capitalisme. Les connaissances de l\u2019humanit\u00e9 et\nles sources d\u2019\u00e9nergie doivent \u00eatre utilis\u00e9es de fa\u00e7on \u00e0 pr\u00e9server la Terre pour les g\u00e9n\u00e9rations\nfutures.<\/p>\n<h3>La crise des conditions sociales<\/h3>\n<p>La domination du capital financier et l\u2019adoption de politiques n\u00e9olib\u00e9rales par ses\ngouvernements ont aggrav\u00e9 les contradictions sociales et les probl\u00e8mes de soci\u00e9t\u00e9 de toutes\nsortes.<\/p>\n<p>Les droits humains et sociaux \u2013 c\u2019est-\u00e0-dire le droit \u00e0 un emploi satisfaisant, les droits \u00e0\nl\u2019\u00e9ducation et aux soins de sant\u00e9, les droits \u00e0 un logement convenable et \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 sociale\npour les personnes \u00e2g\u00e9es, le droit des femmes \u00e0 une pleine \u00e9galit\u00e9 sociale et \u00e9conomique, les\ndroits des immigrants et des autres minorit\u00e9s, les droits des travailleurs et le droit \u00e0 la\ndissidence politique \u2013, sont continuellement \u00e9rod\u00e9s et attaqu\u00e9s, voire carr\u00e9ment ni\u00e9s. La\nreconnaissance des droits des personnes 2S\/LGBTiQ a connu des avanc\u00e9es majeures.\nCependant, ces droits sont \u00e9galement \u00e9rod\u00e9s et il existe un mouvement visant \u00e0 les nier\ncompl\u00e8tement.<\/p>\n<p>La pauvret\u00e9, l\u2019itin\u00e9rance et le d\u00e9sespoir social sont devenus chroniques pour des\nmillions de Canadiens et Canadiennes. Les soins de sant\u00e9, l\u2019\u00e9ducation, l\u2019assurance-emploi,\nles r\u00e9gimes de retraite et d\u2019indemnisation des accidents du travail ainsi que d\u2019autres\nprogrammes et services publics sont r\u00e9duits et privatis\u00e9s. Les logements sociaux et publics,\ny compris les logements coop\u00e9ratifs, sont en voie de disparition. Le \u00ab filet de s\u00e9curit\u00e9\nsociale \u00bb, pour lequel les masses laborieuses se sont battues pendant des d\u00e9cennies, se\ntrouve dans un \u00e9tat lamentable.<\/p>\n<p>La vie sociale et culturelle du pays tend \u00e0 se d\u00e9t\u00e9riorer. L\u2019ali\u00e9nation donne lieu \u00e0 la\ncriminalit\u00e9, au fascisme, \u00e0 la toxicomanie, \u00e0 la maltraitance et \u00e0 la violence contre les femmes et\nles enfants, ainsi qu\u2019\u00e0 d\u2019autres formes d\u2019exploitation et de comportement antisocial. La cupidit\u00e9\net l\u2019\u00e9go\u00efsme, le culte de la consommation, l\u2019apathie et l\u2019indiff\u00e9rence, ainsi que l\u2019individualisme\neffr\u00e9n\u00e9 sont alors encourag\u00e9s. Cependant, les valeurs sociales positives telles que la\ncoop\u00e9ration, la solidarit\u00e9 et l\u2019entraide communautaire sont \u00e9galement pr\u00e9sentes et en\nd\u00e9veloppement, repr\u00e9sentant ainsi la riposte du peuple.<\/p>\n<p>Gr\u00e2ce au contr\u00f4le qu\u2019il a sur l\u2019\u00e9conomie, l\u2019appareil d\u2019\u00c9tat, les sciences, les m\u00e9dias et\nles moyens de communications de masse, l\u2019\u00e9ducation, la culture et les loisirs, le capital\nmonopoliste exerce une pression psychologique et id\u00e9ologique constante sur tous les aspects\nde la vie des gens. Il transforme tout en marchandise, d\u00e9forme et \u00e9touffe le d\u00e9veloppement\ndes arts et des sciences, ainsi que la vie culturelle en g\u00e9n\u00e9ral. Il transforme un nombre\ntoujours croissant de scientifiques, d\u2019artistes et de professionnels en laquais des grandes\nentreprises. Il soumet la sant\u00e9 physique et mentale des masses laborieuses \u00e0 une pression\nconstante et croissante. L\u2019ali\u00e9nation et l\u2019exclusion que perp\u00e9tue le capital ont pour effet d\u2019isoler\nde plus en plus les individus.<\/p>\n<p>\u2022 \u2022 \u2022 \u2022 \u2022<\/p>\n<p>Le syst\u00e8me capitaliste est depuis longtemps devenu parasitaire, incapable de r\u00e9pondre\naux besoins grandissants de la population et peu dispos\u00e9 \u00e0 le faire. Par cons\u00e9quent, les luttes\nouvri\u00e8res visant \u00e0 satisfaire leurs propres besoins \u00e9conomiques et pour la d\u00e9mocratie, la\nsouverainet\u00e9 et l\u2019ind\u00e9pendance sont en fait des luttes contre le capital financier, aussi bien\ncanadien qu\u2019international.<\/p>\n<p>Chapitre suivant :\u00a0<a title=\"Chapter 3:  CANADA IN A CHANGING WORLD\" href=\"https:\/\/communist-party.ca\/fr\/?page_id=15\">Le Canada dans un monde en changement<\/a><\/p>\n<p>Chapitre pr\u00e9c\u00e9dent : <a title=\"Chapter 1:  OUR AIM IS SOCIALISM\" href=\"https:\/\/communist-party.ca\/fr\/?page_id=11\">Notre but est le socialisme<\/a><\/p>\n\n\n<p><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>What is Capitalism? The economic system in which we live is capitalism. Under this system the means of production are predominantly privately owned; the capitalists operate their factories, banks and offices, mines, forest operations, transport and service industries in order to extract profits. 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