Arrêtez l’attaque de Carney et des grandes entreprises contre le droit de grève
Le Parti communiste du Canada réclame une Charte des droits du travail
Les monopoles des transports portuaires, ferroviaires et aériens font pression sur le gouvernement fédéral pour affaiblir le droit de grève. Les mémoires publics de l’Association des chemins de fer du Canada, remis dans le cadre des consultations menées par Emploi et Développement social Canada, ont ouvertement appelé à des modifications du Code du travail du Canada afin de « réduire la probabilité d’arrêts de travail ». Il a été largement rapporté que le gouvernement fédéral envisage sérieusement de modifier le Code du travail pour affaiblir le droit de grève, ce qui démontre que ces attaques doivent être prises au sérieux. C’est un appel à l’action.
Au cours des deux dernières années, on a assisté à une vague de grèves menées par des travailleurs des secteurs sous réglementation fédérale qui ont utilisé leur droit de grève pour ramener les monopoles d’entreprise à la table des négociations. Notamment les manutentionnaires et les dockers de Montréal et de la côte ouest, les agents de bord d’Air Canada, les cheminots de CPKC et du CN, ainsi que les trieurs et les porteurs de Postes Canada. Dans chaque cas, le Conseil canadien des relations industrielles a ordonné aux travailleurs de reprendre le travail en invoquant l’article 107 du Code du travail. De toute évidence, les monopoles ne se contentent pas de voir leurs amis à Ottawa mettre fin aux grèves par des mesures draconiennes ; ils veulent désormais que leur gouvernement empêche les grèves de se produire dès le départ. C’est la preuve que l’unité dans l’action est la voie à suivre. Mais le droit de grève n’est pas garanti par le lobbying tripartite, seulement par la lutte organisée des travailleurs.
Tous les travailleurs, qu’ils soient membres ou non du Congrès du travail du Canada, au-delà des lieux de travail sous réglementation fédérale, doivent défendre le droit de grève. Le fait que les monopoles se sentent suffisamment puissants pour suggérer de supprimer le droit de grève confère à cette question un caractère d’urgence et exige une réponse sans concession de la part du mouvement syndical.
La volonté du gouvernement fédéral de céder aux exigences des entreprises visant à affaiblir le droit de grève n’est pas une stratégie pour défendre la souveraineté canadienne ou les travailleurs face à l’agression américaine. Au contraire, ces politiques sont directement tirées du manuel antisyndical de Donald Trump et sont du même type que celles qu’ils cherchent maintenant à imposer par le biais de la prochaine mise à jour de l’AEUMC. Attaquer les droits des travailleurs ne renforce pas l’indépendance du Canada ; cela ne fait qu’affaiblir la capacité de la classe ouvrière à résister au programme des entreprises venant des deux côtés de la frontière.
Le Parti communiste du Canada réitère sa revendication de longue date en faveur d’une Charte des droits du travail qui consacrerait le droit de tous les travailleurs à faire grève, y compris les grèves politiques et sociales. Les travailleurs n’ont pas besoin de négociations tripartites qui ne feront que profiter aux profits trimestriels tout en sapant leur capacité à négocier collectivement. Les travailleurs n’ont pas besoin de procès interminables ou de procédures judiciaires qui prennent des années à se conclure, alors que leurs conditions de travail quotidiennes se détériorent et qu’ils sont contraints de travailler sans contrat ou, pire encore, remplacés par des briseurs de grève. Ce dont les travailleurs ont besoin, c’est d’une approche unifiée de l’action, ce qui signifie descendre dans la rue dans le cadre d’un plan d’action croissant pour renforcer le pouvoir des travailleurs. Une atteinte à l’un est une atteinte à tous. Aujourd’hui, ce sont peut-être les monopoles ferroviaires qui font pression pour mettre fin au droit de grève. Demain, si les syndicats et les travailleurs ne prennent pas les mesures nécessaires, ces mêmes monopoles feront pression pour mettre fin au droit à la négociation collective. C’est maintenant qu’il faut mettre un terme à l’érosion des droits des travailleurs. C’est maintenant qu’il faut se battre pour étendre et garantir ces droits grâce à une Charte des droits du travail.
Le droit de grève dans ce pays n’a jamais été un cadeau de monopoles bienveillants. Le droit de grève a été conquis et défendu par la lutte des classes, au prix d’emprisonnements, de passages à tabac, d’expulsions, de listes noires et pire encore. Aujourd’hui, une fois de plus, les travailleurs sont appelés à défendre le droit de grève, mais ils doivent aller plus loin et exiger une avancée de leurs droits, et non pas seulement la défense du statu quo. Le droit de grève n’est pas seulement important pour les travailleurs fédéraux ; il est fondamentalement dans l’intérêt public, car il empêche les monopoles d’imposer une exploitation sans contrôle. Une Charte des droits des travailleurs constituerait une avancée majeure pour tous les travailleurs de ce pays et ne pourrait être obtenue que par une véritable campagne d’action unifiée.
Solidarité pour toujours !
Travailleurs du monde, unissez-vous !
Comité exécutif central, Parti communiste du Canada

