À propos des réformes économiques nécessaires à Cuba
Le Parti communiste du Canada exprime sa ferme solidarité avec le Parti communiste, le gouvernement et le peuple de Cuba alors qu’ils mettent en œuvre 176 nouvelles mesures économiques et sociales. Ces réformes, approuvées à l’issue de consultations et de débats, constituent une réponse nécessaire et créative à l’intensification sans précédent du blocus états-unien. Comme l’a déclaré le président Díaz-Canel, elles visent avant tout à « sauver la Révolution ».
En résumé, les réformes visent à décentraliser la prise de décisions économiques, à attirer les investissements étrangers, à développer le secteur non-étatique et à réduire les subventions généralisées. Elles introduisent des éléments tels que la privatisation des banques et un marché immobilier, tout en réorientant l’action de l’État vers la planification macroéconomique. Ces politiques sont conçues pour remédier aux pénuries critiques, atteindre la souveraineté alimentaire et énergétique, puis améliorer le niveau de vie sous l’immense pression d’un blocus génocidaire imposé par les États-Unis.
Nous sommes conscients que certains commentateurs interpréteront à tort ces mesures comme un abandon du socialisme et une adhésion au capitalisme. De telles évaluations sont superficielles et anhistoriques. La Révolution cubaine ne trahit pas ses principes. Elle agit par nécessité révolutionnaire. Comme Lénine l’a articulé, la voie vers le socialisme exige le recours stratégique à des « changements de cap, des tactiques de conciliation et des compromis ». Lénine établissait une distinction très nette entre les reculs tactiques nécessaires, imposés par les conditions objectives pour préserver le mouvement révolutionnaire, et les compromis des opportunistes qui trahissent la classe ouvrière. Les dirigeants cubains s’engagent dans la première voie, procédant à des ajustements difficiles pour assurer la survie de l’État socialiste et, par conséquent, du seul bastion du pouvoir politique de la classe ouvrière dans les Amériques.
Ce sont là les décisions d’un Parti communiste et d’un gouvernement assiégés par le pays impérialiste le plus puissant de l’histoire. Bien que ces réformes comportent des dangers, notamment la réémergence d’une classe bourgeoise et une exposition accrue à des influences étrangères néfastes, personne n’est plus conscient de ces risques que nos camarades cubains. Ils vont de l’avant, déterminés à préserver la propriété publique et le contrôle démocratique sur les secteurs clés de l’économie et les piliers sociaux de la Révolution : les soins de santé, l’éducation et la sécurité sociale.
On peut établir des comparaisons avec les stratégies de construction du socialisme menées dans le cadre de la NEP en URSS, ou en Chine, ou encore au Vietnam, au niveau de mesures particulières, mais dans l’ensemble, ces comparaisons sont superficielles. Cuba évolue sous le poids des sanctions les plus sévères et les plus intrusives de l’histoire. Elle doit composer avec des réalités économiques, démographiques et géographiques qui lui sont propres. Le devoir de tous les citoyens démocrates, épris de paix et progressistes du Canada est clair : faire preuve de solidarité envers Cuba, s’opposer au blocus américain et exiger que notre gouvernement mène une politique étrangère indépendante et pacifique. Nous continuerons de suivre de près ces développements, confiants dans l’engagement révolutionnaire du Parti communiste de Cuba.
Comité exécutif central, Parti communiste du Canada

