Contribution du PC Canada à la 24e Rencontre internationale des partis communistes et ouvriers

La contribution du Parti communiste du Canada à la 24e Rencontre internationale des partis communistes et ouvriers, tenue à La Havane du 7 au 8 août 2026.

Au nom du Comité exécutif central du Parti communiste du Canada, j’adresse mes salutations fraternelles à la 24e Rencontre internationale des partis communistes et ouvriers. Nous remercions le Parti communiste de Cuba d’accueillir cette importante réunion à La Havane. Nous rendons hommage au peuple cubain héroïque et à sa révolution socialiste, qui, depuis plus de six décennies, incarne la résistance et l’internationalisme prolétarien devant la brutalité du siège impérialiste.

Le Parti communiste du Canada condamne avec véhémence le blocus états-unien toujours en vigueur contre Cuba, un acte de punition collective et de guerre économique qui viole de manière flagrante la Charte des Nations Unies et le droit international.

Il est honteux de constater que le gouvernement de Mark Carney au Canada a commencé à modifier les positions de longue date du pays concernant Cuba. En juillet, le Canada s’est abstenu à l’ONU alors que la majorité de la communauté internationale votait en faveur d’un débat sur le blocus inhumain et génocidaire des États-Unis. Le Premier ministre Carney se pose en défenseur de la souveraineté canadienne, mais son gouvernement a aggravé l’isolement de Cuba en émettant des avertissements aux voyageurs qui ont entraîné la suspension de tous les vols en provenance du Canada, perturbant ainsi l’industrie touristique cubaine. Le gouvernement canadien a acheminé une aide symbolique à des ONG plutôt qu’au gouvernement cubain, et le Canada a gardé le silence devant les menaces d’invasion et alors que le blocus tente d’étrangler le peuple cubain. Nous disons : finie la politique d’apaisement envers Trump et Rubio. Nous exigeons que le gouvernement canadien mette immédiatement fin à sa complicité avec le blocus et le dénonce, lève l’avis négatif aux voyageurs et envoie du pétrole à Cuba.

Camarades, nous nous réunissons à un moment de grand danger. La crise croissante du capitalisme basée sur la suraccumulation et la montée de nouveaux pôles de pouvoir économique, tels que la Russie, l’Inde et la Chine, ont conduit les forces impérialistes les plus agressives, particulièrement les États-Unis, à abandonner même le semblant de multilatéralisme. Bien que le déclin de l’impérialisme états-unien soit relatif, celui-ci demeure la principale menace. Nous assistons à un retour à la barbarie pure et simple, où celui-ci recourt aux tarifs, aux sanctions et utilise ouvertement la force militaire pour maintenir son hégémonie. Ces méthodes ne constituent pas des anomalies du capitalisme, mais font partie intégrante de la dynamique de guerre propre à sa phase impérialiste. Les attaques états-uniennes contre le Venezuela et l’Iran constituent des violations flagrantes de la Charte des Nations Unies. Avec le soutien total de l’impérialisme américain, le gouvernement fasciste et sioniste de Netanyahu a considérablement intensifié son génocide contre les Palestiniens à Gaza et en Cisjordanie. Ces agressions accrues et cette militarisation massive représentent une menace existentielle pour l’humanité, sous la forme d’un risque croissant de guerre nucléaire et d’une catastrophe climatique qui s’accélère.

La colère suscitée par la paupérisation des masses populaires et laborieuses conduit la bourgeoisie à promouvoir des mouvements réactionnaires et fascisants en plein essor qui se prétendent « anti-système ». Dans un nombre croissant de pays, le populisme de droite assume le pouvoir d’État. Comme Dimitrov nous l’a enseigné, la victoire du fascisme témoigne de la faiblesse de la classe ouvrière, désorganisée par la collaboration de classe, ainsi que de la faiblesse de la domination bourgeoise par les anciennes méthodes. Nous considérons que notre tâche ne consiste pas à former des alliances avec des forces bourgeoises plus « démocratiques » qui participent à l’érosion continue du niveau de vie des travailleurs, mais à bâtir l’alliance anti-monopoliste et anti-impérialiste rassemblant la classe ouvrière et ses alliés, capable de constituer un véritable rempart contre le fascisme en sapant les conditions objectives qui lui permettent de se développer. Nous devons combattre la réaction croissante par une alternative indépendante, fondée sur la lutte des classes, qui offre aux travailleurs des avancées sociales concrètes et non sur la base d’un retour imaginaire à une normalité libérale mortifère.

Camarades,

Le Canada est un pays impérialiste à part entière, étroitement allié au capital états-unien. Derrière la rhétorique, l’objectif de Carney et des monopoles est d’intégrer davantage et de subordonner l’économie canadienne à celle des États-Unis malgré les différends actuels avec Trump. Nous rejetons le faux dilemme entre le protectionnisme réactionnaire et le libre-échange destructeur. Les deux servent le capital au détriment des travailleurs. Nous luttons pour des accords commerciaux multilatéraux et mutuellement avantageux, dans l’esprit de l’exemple inspirant de l’ALBA notamment.

Le gouvernement Carney invoque la souveraineté devant les menaces de Trump à l’encontre du Canada ou du Groenland, mais continue de suivre l’impérialisme états-unien. La réponse de Carney ne consiste pas à résister à l’impérialisme, mais à se réorienter au sein de celui-ci. Son projet de « puissances intermédiaires » vise à permettre à l’impérialisme canadien et européen d’obtenir une place à la table, mais pas à débarrasser la table…

Le rapprochement de Carney avec l’Europe, notamment son adhésion au programme européen d’approvisionnement en matière de défense, témoigne d’une rivalité inter-impérialiste croissante. Pourtant, il n’y a pas de rupture majeure au sein du camp des États-Unis et de l’OTAN. Le discours de Marco Rubio à Munich en début d’année fait l’éloge du colonialisme européen et fustige le communisme. Il a été bien accueilli par les élites européennes. Malgré des désaccords tactiques, l’alliance impérialiste transatlantique, dont fait partie le Canada, reste intacte, unie par sa position commune au sommet du système d’exploitation capitaliste global.

L’agressivité croissante de l’impérialisme met à mal le droit international et la Charte des Nations Unies. Nous comprenons parfaitement les limites de l’ONU. L’impérialisme fait fi du droit international à moins d’y être contraint par un rapport de forces de classe plus favorable. Cependant, la Charte des Nations Unies elle-même est issue de la victoire de 1945 sur le nazi-fascisme, à une époque où les forces socialistes progressaient au sein d’un camp uni. Le fait que les États-Unis et Israël s’en prennent de plus en plus à ces institutions prouve que l’ONU demeure un obstacle à leur agression. Notre Parti défend les principes du droit international : l’égalité souveraine, l’autodétermination, la non-ingérence et le règlement pacifique des différends. Notre tâche consiste à défendre ces principes et à lutter pour démocratiser l’ONU afin d’en faire un organisme au service des peuples du monde.

Camarades,

La lutte au Canada progresse. Le gouvernement Carney utilise les menaces d’annexion et de droits de douane comme prétexte pour imposer les mesures d’austérité les plus sévères depuis les années 1990. Tout en prétendant défendre la souveraineté, Carney démantèle les programmes sociaux et promet d’éliminer 40 000 emplois dans la fonction publique, tout en menaçant de transformer les fonctionnaires restants en réservistes de l’armée. D’autres mises à pied suivront dans le secteur privé. Son projet de tripler les dépenses militaires pour les porter à 5 % du PIB d’ici 2035 ne peut être financé qu’en sabrant dans les budgets de la santé, de l’éducation et des services sociaux. La relance militaire de Carney est justifiée par l’argument selon lequel elle créera des emplois, mais il s’agit d’un mensonge destiné à détourner les fonds publics au profit des intérêts des monopoles. Les études démontrent le contraire : pour chaque million de dollars dépensé dans le secteur militaire, seuls 5 emplois sont créés. Le même montant consacré aux soins de santé crée 9 emplois, et à l’éducation, 13 emplois. Les dépenses de guerre constituent le moyen le moins efficace pour nourrir les familles de travailleurs, mais le plus efficace de transférer les fonds publics vers les profits des entreprises.

Ce qui unit aujourd’hui tous les grands partis fédéraux au Canada, c’est leur engagement envers le capitalisme. Pas un seul ne préconise de quitter l’OTAN ni ne s’oppose à une militarisation accrue. La classe ouvrière n’étant pas représentée au Parlement, la lutte au Canada se déroule en grande partie en dehors des instances parlementaires. La véritable solution contre le programme des grandes entreprises, axé sur la guerre et l’austérité, réside dans une coalition populaire de la classe ouvrière, antimonopoliste et anti-impérialiste. Une coalition dans la rue au prolongement politique qui exige la nationalisation de l’énergie et des ressources naturelles ainsi que des industries clés telles que l’automobile, la sidérurgie, la construction navale et l’aérospatiale, sous contrôle démocratique, afin de garantir les emplois et la production pour répondre aux besoins sociaux. Une coalition qui lutte pour une économie de plein emploi, financée par la réduction du budget de la guerre et l’imposition des grandes entreprises et des riches. Un programme visant à construire deux millions de logements sociaux pour mettre fin à la crise du logement.

Notre tâche, en cette période instable et dangereuse, consiste à défendre ce programme auprès de la classe ouvrière et à bâtir le mouvement apte à de le faire triompher.

Cette alliance anti-monopoliste et anti-impérialiste ne peut se composer uniquement de communistes, mais elle ne peut exister sans que les communistes, organisés de manière indépendante, en constituent le fondement. Cette alliance ne mènerait pas directement au socialisme; toutefois, compte tenu des conditions objectives et subjectives du Canada, forger une telle alliance ancrée dans les luttes syndicales et démocratiques correspond à la phase actuelle de la lutte visant à rassembler les forces pour renverser le capitalisme.

Camarades,

Nous saluons la tenue de la Rencontre internationale des partis communistes et ouvriers après une interruption de deux ans. Les discussions entre les partis, menées dans un esprit de camaraderie et de respect permettent de clarifier et d’approfondir notre analyse politique. Elles sont très importantes et nous ont manqué au cours des deux dernières années. Or, le plus important demeure l’action unifiée sur les questions fondamentales : la solidarité totale avec Cuba et la Palestine, l’opposition à la militarisation et à la guerre impérialiste, ainsi que la lutte pour les droits des travailleurs et les droits démocratiques face à la montée de la guerre et de la réaction. Nos réunions sont bien plus que de simples formalités. L’internationalisme prolétarien est l’une de nos plus grandes forces sur laquelle nous devons renforcer notre mouvement. Jamais le socialisme n’a été plus nécessaire. Nous exprimons notre confiance dans l’unité des partis communistes et ouvriers dans notre lutte historique contre l’oppression et l’exploitation, et pour la paix et le socialisme.

Vive Cuba socialiste!
Vive le marxisme-léninisme!
Vive l’internationalisme prolétarien!