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La lâche abstention de Carney à l’ONU constitue une trahison tant de la souveraineté cubaine que de la souveraineté canadienne

Le Parti communiste du Canada condamne avec véhémence la décision du gouvernement Carney de s’abstenir lors du vote de l’Assemblée générale des Nations Unies du 7 juillet visant à déterminer s’il fallait ou non tenir un débat sur l’embargo américain contre Cuba.

Alors que 136 pays ont voté en faveur de la tenue du débat, rejetant ainsi massivement les manœuvres d’intimidation de Washington, le gouvernement Carney s’est honteusement abstenu, se rangeant aux côtés des États-Unis et de seulement 38 autres pays qui se sont opposés ou sont restés neutres. Ce soutien mondial retentissant à Cuba démontre que la grande majorité du monde reconnaît que le blocus américain est un acte de punition collective et de guerre économique qui viole de manière flagrante la Charte des Nations Unies et le droit international.

L’abstention du Canada est une honte et une trahison. Cette capitulation survient alors que le secrétaire d’État états-unien, Marco Rubio, a fait circuler une lettre d’intimidation de trois pages par l’intermédiaire des ambassades américaines partout dans le monde, avertissant que les pays s’exprimant honnêtement au sujet du blocus « créeraient des frictions dans nos relations bilatérales ». Plutôt que de résister à cette intimidation, Carney s’est incliné.

Ce vote de juillet n’était toutefois pas le vote annuel sur le blocus états-unien qui a lieu depuis plus de trente ans à l’Assemblée générale des Nations Unies. Ce vote aura lieu en octobre prochain. Pendant 31 années consécutives, le Canada s’est rangé aux côtés de l’écrasante majorité de la communauté internationale en votant contre cet acte criminel du gouvernement des États-Unis. La récente abstention du gouvernement Carney fait craindre qu’il ne rompe avec une position importante et qu’il s’abstienne — ou pire, vote avec Washington — lorsque le véritable test aura lieu cet automne.

Le premier ministre Carney se vante de la souveraineté canadienne, mais son gouvernement a refusé à maintes reprises d’exprimer une position indépendante en matière de politique étrangère canadienne, face aux récentes agressions illégales des États-Unis contre le Venezuela, l’Iran et maintenant Cuba. Au lieu de se ranger aux côtés d’un voisin proche confronté aux menaces militaires américaines et à un acte de guerre dévastateur, Ottawa a aggravé l’isolement de Cuba : en émettant des avertissements aux voyageurs, en suspendant les vols, en acheminant une aide symbolique aux ONG plutôt qu’au gouvernement élu, et en gardant le silence alors que le blocus étouffe la population. Ce refus de prendre position équivaut à une capitulation devant la souveraineté du Canada lui-même.

La révolution socialiste cubaine a prouvé que les travailleurs peuvent chasser les monopoles états-uniens, se réapproprier leurs terres et leurs ressources, et bâtir une société où l’espérance de vie rivalise avec celle des pays capitalistes avancés — tout cela en étant soumis à un siège brutal. Les systèmes de santé et d’éducation gratuits de Cuba démentent le mensonge selon lequel l’exploitation capitaliste impitoyable serait nécessaire au développement humain. C’est pour ce « crime » de dignité que Cuba est affamée et menacée.

Le Parti communiste du Canada exige que le gouvernement canadien s’oppose immédiatement et sans équivoque aux menaces d’invasion militaire, mette fin à sa complicité avec le blocus, lève l’avis aux voyageurs et envoie du pétrole à Cuba.

On ne peut pas laisser le gouvernement Carney céder à Trump et à Rubio. Les forces syndicales, pacifistes et démocratiques doivent se mobiliser dès maintenant pour s’assurer que ces actions éhontées ne restent pas sans réponse. Le Canada doit maintenir sa position juste contre le blocus — une position qu’il défend depuis que cette politique a été imposée pour la première fois.

Comité exécutif central, Parti communiste du Canada