1er mai 2026 : Renforcer le pouvoir de la classe ouvrière pour mettre fin à la guerre et à l’austérité
Salutations du 1er mai à la classe ouvrière du Canada et à tous ceux qui, partout dans le monde, luttent pour la paix, l’avancement de la classe ouvrière et le socialisme.
Cette Journée internationale des travailleurs survient à un moment où l’agression impérialiste s’intensifie et où le capitalisme traverse une crise profonde. Le déclin relatif de l’hégémonie mondiale de l’impérialisme américain a suscité une réaction désespérée et violente. Le retour de Donald Trump et de son mouvement d’extrême droite n’est pas la cause de cette agression effrénée, mais il constitue une manifestation dangereuse du recours de l’impérialisme américain à la coercition unilatérale et à la force militaire directe pour maintenir son emprise.
Cette course à la guerre fait peser sur l’humanité tout entière le spectre d’une troisième guerre mondiale et d’une anéantissement nucléaire. Elle constitue également un accélérateur massif de la crise climatique, les dépenses de guerre et l’extraction des combustibles fossiles étant prioritaires par rapport à la survie d’une planète habitable. La pourriture de l’impérialisme est mise à nu dans son soutien au génocide perpétré par l’Israël expansionniste à Gaza, à la cynique guerre par procuration de l’OTAN contre la Russie qui continue d’utiliser le peuple ukrainien comme chair à canon, à l’invasion américaine du Venezuela souverain, à la guerre d’agression illégale en cours contre l’Iran, et à la tentative d’étranglement du peuple cubain qui vise à éteindre l’exemple héroïque de la révolution socialiste cubaine
La trajectoire mondiale de la course à la guerre se reflète ici, au Canada. Le gouvernement Carney, représentant direct du capital monopolistique de Bay Street, exploite les menaces américaines pour imposer un programme radical de guerre et d’austérité. Tout en se drapant cyniquement dans la rhétorique du patriotisme et de la souveraineté, le Premier ministre Carney réoriente l’ensemble de l’économie vers le financement de la machine de guerre américano-OTAN. Son projet de tripler les dépenses militaires pour les porter à 150 milliards de dollars par an représente l’un des plus importants transferts de richesse publique vers les fabricants d’armes de l’histoire du Canada et se traduira par les dépenses militaires les plus élevées depuis la Seconde Guerre mondiale.
Carney prétend que cette militarisation protégera les emplois et la souveraineté. Ce sont des mensonges.
La « Stratégie industrielle de défense » du gouvernement lui-même est démasquée comme une supercherie par les recherches sur les politiques de création d’emplois, qui montrent que pour chaque million de dollars dépensé dans l’armée, seuls 5 emplois sont créés. Ce même million de dollars investi dans les soins de santé crée 9 emplois ; dans l’éducation, il en crée 13.
Les dépenses de guerre constituent le moyen le moins efficace de nourrir les familles de travailleurs. Elles constituent en revanche le moyen le plus efficace de détourner l’argent public vers Lockheed Martin, alors que des dizaines de milliers de travailleurs du secteur public reçoivent des avis de licenciement.
Il ne s’agit pas non plus de souveraineté. Le Canada augmente ses dépenses militaires pour se conformer à l’objectif arbitraire de 5 % du PIB fixé par Trump pour l’OTAN. Les propres directives « Achetez canadien » de Carney, dans sa Stratégie industrielle de défense, considèrent cyniquement que les achats auprès de fabricants d’armes américains disposant d’installations de production au Canada répondent à la définition de contenu canadien, garantissant ainsi que le torrent de fonds publics continue de s’écouler vers le sud.
La véritable souveraineté ne s’achète pas auprès des marchands d’armes – elle nécessite une politique étrangère indépendante et un contrôle public sur notre économie et nos ressources.
Le programme de Carney est une austérité déguisée en patriotisme. Le budget de guerre de 150 milliards de dollars sera mis sur les épaules de la classe ouvrière par le biais de salaires réduits, de services publics démantelés et de la privatisation accélérée de programmes vitaux comme l’assurance-maladie. D’ores et déjà, le budget de guerre de Carney représente la plus forte vague d’austérité depuis au moins les années 1990. Les ministères fédéraux ont déjà reçu l’ordre de procéder à des coupes massives, et d’autres suivront à mesure que les dépenses militaires monteront en flèche. Le système de santé public universel que les luttes syndicales militantes ont mis en place est désormais clairement dans la ligne de mire.
Le Parti communiste du Canada propose une alternative claire pour créer des emplois, augmenter les salaires et renforcer la souveraineté du Canada.
Pour augmenter les salaires et le niveau de vie, nous avons besoin d’un salaire minimum décent, d’une construction massive de logements sociaux pour mettre fin à la crise du logement et créer des emplois de qualité, d’un système d’assurance-emploi élargi couvrant tous les chômeurs pendant toute la durée de leur chômage, ainsi que d’un contrôle des prix des denrées alimentaires, du carburant et des loyers pour mettre un terme à l’exploitation et au profit abusif des entreprises.
Pour créer des emplois réels et durables, nous devons nationaliser les secteurs de l’automobile, de la sidérurgie, de l’aérospatiale et de la construction navale sous un régime de propriété publique démocratique afin de garantir des emplois dans le secteur manufacturier pour les générations à venir. Nous devons également placer l’énergie et les ressources naturelles sous propriété publique pour assurer une transition verte juste qui serve les communautés plutôt que les actionnaires, et augmenter massivement le financement de l’éducation publique, des services de garde d’enfants et des soins de santé.
Pour lutter en faveur d’une véritable souveraineté et de la paix, nous devons nous retirer immédiatement de l’OTAN et du NORAD afin de mettre fin au commandement américain sur la politique étrangère du Canada. Le Canada doit se retirer de l’AEUMC au profit d’échanges commerciaux multilatéraux et mutuellement avantageux avec toutes les nations, et mener une politique étrangère fondée sur la paix, le désarmement et la solidarité internationale.
Pour mener à bien ce programme, la classe ouvrière doit construire son propre pouvoir politique indépendant et mener immédiatement une action militante, unie et croissante. Nous ne pouvons pas compter sur les partis des grandes entreprises ni sur le NPD. Ce qui unit les principaux partis parlementaires, c’est leur attachement au capitalisme et leur refus de remettre fondamentalement en cause la course à la guerre. Avec le nouveau gouvernement majoritaire de Carney, la lutte se déroule désormais en grande partie dans l’arène extraparlementaire.
Cependant, nous voyons des exemples inspirants de lutte à l’échelle mondiale. Nous saluons les 300 millions de travailleurs en Inde qui ont organisé la plus grande grève générale de l’histoire le 12 février, ainsi que les dockers de la Méditerranée qui ont coordonné une action syndicale pour bloquer l’acheminement d’armes vers Israël au début de cette année. Nous saluons les travailleurs de Cuba et leur parti, le Parti communiste de Cuba, qui défendent héroïquement leur révolution, phare du socialisme et de la souveraineté dans notre hémisphère. Ces exemples d’unité et de militantisme de la classe ouvrière montrent la voie à suivre.
Cette Journée internationale des travailleurs est un jour de commémoration né du sang des martyrs de Haymarket. Nous réitérons notre revendication pour que le 1er mai soit un jour férié au Canada afin d’honorer les luttes des travailleurs, comme c’est le cas dans la plupart des pays du monde. La période à venir sera marquée par le danger de la guerre et de la réaction, mais l’émergence de nouvelles luttes offre une grande opportunité.
La nécessité d’une révolution socialiste, d’un système qui organise la production en fonction des besoins humains plutôt que du profit privé, n’a jamais été aussi grande. L’unité et la lutte peuvent vaincre.
Vive la solidarité internationale de la classe ouvrière !
Vive la Journée internationale des travailleurs !
Comité exécutif central, Parti communiste du Canada

