Unissons-nous
pour exiger
Un
plan de relance pour le peuple!
Un message pour le premier
mai
Du Parti
communiste du Canada
Le 1er mai 2010, la journée internationale de la classe ouvrière, le Parti communiste du Canada envoie ses salutations à tous les travailleuses et les travailleurs dans la lutte contre l'impérialisme, la guerre et la domination des monopoles.
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Round 2 de la crise: pour qui «la reprise»?
Les médias bourgeois nous annoncent à tous les jours des rapports économiques optimistes qui soutiennent que la crise économique mondiale est terminée et que la reprise est maintenant bien engagée. Tout cela est très réconfortant, mais c’est aussi une déformation grossière de la vérité...
En réalité, il n'y a pas de «reprise» pour la plupart des personnes travaillant dans ce pays. Le taux de chômage et la précarité d'emploi restent élevés, avec plus de 1,5 million (8,2%) de chômeuses et de chômeurs selon les statistiques officielles, alors que le chômage réel est plus proche de 12%.
Depuis 2003, plus d’un demi-million d’emplois manufacturiers bien rémunérés ont été perdus, et 290 000 l’ont été rien que durant les deux dernières années . Bientôt, les prestations d'assurance-chômage se termineront pour ces centaines de milliers de travailleuses et de travailleurs mis-à-pied.
Il n'existe pas non plus de «reprise économique» pour les jeunes qui essaient de se trouver du travail ou de terminer leurs études. Ou pour les peuples autochtones qui continuent de souffrir de façon systématique du chômage et la misère. Ou pour les nouveaux immigrants et immigrantes et leurs familles qui essaient de se construire une vie meilleure. Ou pour les retraités et autres personnes à revenu fixe.
Alors, de quel genre de reprise s’agit-il? C'est une reprise pour les profits des grandes banques et des plus grandes entreprises, et pour ceux qui les possèdent et qui les contrôlent.
Revenons en arrière. Depuis plus de deux décennies, les grandes banques et les plus grands monopoles ont réussi à amasser des richesses de façon phénoménale . Les marchés boursiers ont grimpés et les bénéfices net ont explosés. Ils y sont parvenus grâce à la «restructuration» de leurs activités - en mettant à pied un grand nombre de leurs travailleuses et de leurs travailleurs, pendant qu’ils faisaient travailler les autres de plus longues heures; en rabaissant les salaires et les avantages réels pendant qu’il augmentaient la productivité du travail; et en arnaquant les consommatrices et consommateurs en gonflant les prix.
Et ils ont été aidés et soutenus par la droite, par des gouvernements (qu’ils soient «libéralaux» ou «conservateurs») qui ont appliqué des politiques pro-entreprises comme la privatisation et la déréglementation, ce qui a affaibli les normes du travail et qui rend plus difficile aux ouvrières et aux ouvriers de s'organiser et de défendre leurs droits. Ils ont réduit les niveaux d'imposition des entreprises, transférant la charge fiscale de plus en plus sur le dos des travailleuses et des travailleurs.
Ceci a jeté les bases pour en arriver à l‘inévitable crise. À un certain moment, plus de biens et services avaient été produits que pouvaient se permettre de consommer les travailleuses et les travailleurs. Pour maintenir les niveaux de consommation élevés et donc maintenir le niveau des profits très élevé, les grandes entreprises ont encouragé et même contraint les travailleuses et les travailleurs à s'enfoncer plus profondément dans les dettes. Et ils se sont lancés dans un orgie de spéculation pour augmenter artificiellement encore plus haut la valeur de leur capitaux.
Finalement, la bulle spéculative devait éclater, et depuis l'effondrement de la bourse en septembre 2008, les plus grande sociétés transnationales et les banques ont manœuvré pour protéger leur patrimoine et maintenir leurs niveaux de profit en s’assurant que les gens qui travaillent paieraient pour la crise que leur cupidité avait créée .
Les grandes entreprises ont accompli ceci en utilisant leur contrôle sur les médias, leurs «think tanks», et leurs amis dans le gouvernement afin de convaincre tout le monde que le ciel nous tombait sur la tête et que les gouvernements devaient venir à leur secours pour sauver le précieux système capitaliste. Par conséquent, durant les 18 derniers mois, les gouvernements dans le monde entier ont versé massivement milliards par dessus milliards les dollars (plus de 10 billions de dollars aux États-Unis seulement) pour le sauvetage des entreprises et le rachat de prêts «toxiques», alors que relativement peu fut dépensé sur les projet d’infrastructures à courts terme et les autres projets de création d'emplois.
En fait, le véritable objectif de ces plans de sauvetage était de protéger la richesse des capitalistes, plutôt que de stimuler une nouvelle croissance économique.
Tout cela à très bien fonctionné pour les grands monopoles, comme le montre le rebond spectaculaire de leurs bénéfices. Les entreprises canadiennes ont déclaré 60,1 milliards de dollars en bénéfices d'exploitation pour le dernier trimestre de 2009. Les banques à elles seules ont fait un profit de 15.2 milliards de dollars pendant ces trois mois, dont 1,5 milliards de dollars pour la Banque Royale et 1,29 milliards de dollars pour la Banque TD. Les géants du pétrole et de l'énergie ont fait 7 milliards en profits au cours de la même période. En 2010, on estime que les bénéfices des grandes entreprises atteindront 250 milliards de dollars.
Ce «parachute doré» pour les monopoles - le plus grand vol de la richesse publique de toute l'Histoire - a un coût très élevé. Le renflouements des entreprises et leurs subventions, ainsi que les généreuses réductions d'impôt, sont en grande partie responsables des déficits massifs des gouvernements à l’heure actuelle et de l’augmentation de la dette publique.
Un des plus gros cadeaux fait aux grands monopoles a été les réductions régulières d’impôt pour les entreprises et les capital qui fut réduit de plus de 28% il y a dix ans à seulement 17% aujourd’hui. Les Conservateurs de Harper planifient de réduire davantage les impôts aux entreprises (15%) d'ici à 2012. En 2009/10, les Canadiennes et les Canadiens ont payé 108 milliards de dollars en impôt sur le revenu, tandis que les sociétés ont seulement payé $22,3 milliards de dollars. Le budget fédéral de 2010 comprenait en plus 6 milliards de dollars en réductions d'impôt des entreprises. Les gouvernements provinciaux de droite sont également responsables de cette réduction de la participation des entreprises aux finances publiques, au point où le Canada est aujourd'hui un des plus bas dans ses taux d’imposition aux entreprises des pays capitalistes avancés du monde entier.
Et maintenant, nous entrons dans la «deuxième phase» de la crise. Les sections dominantes du capital - les mêmes qui étaient si prompts à exhorter l'État à intervenir lorsque cela servait leurs intérêts - réclament maintenant des gouvernements qu‘ils réduisent drastiquement leur dépenses et fassent des coupures afin d'éliminer les déficits et de contrôler la dette publique.
C’est ça qu’il y a derrière les récents budgets, celui de Harper au fédéral et ceux d’«austérité» au provincial. À travers le pays, les gouvernements pro-affaires se lancent dans des attaques contre le secteur public et les salaires et bénéfices de ses employé-e-s. Les milieux dirigeants corporatifs et financiers savent très bien que réduire les salaires et conditions des employé-e-s du secteur public ajoutera de la pression à la baisse sur les salaires de tous les employés des deux secteurs, public et privé.
Il s'agit d’une véritable stratégie des monopoles capitalistes ainsi que de leur fervents serviteurs aux gouvernements, tout particulièrement les Conservateurs de Harper. Ils veulent éroder davantage les services publics et ainsi se donner un plus grand accès à des secteurs lucratifs comme la santé, l'éducation et les pensions grâce à une privatisation dévastatrice . De plus, il veulent affaiblir et détruire la résistance des organisations de travailleuses et de travailleurs en s'en prenant à l'un de leurs piliers principaux, les syndicats du secteur public.
Les travailleuses et les travailleurs ne peuvent tout simplement pas rester les bras croisés.
Nous devons agir à l'unisson - « assez c'est ASSEZ !
Nous n’accepterons pas de payer pour votre crise ! »
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La seule façon de gagner: résister et ne pas reculer!
Faisant face à une «reprise sans emploi» à long terme et à la poursuite de la destruction du filet de sécurité sociale, les travailleuses et les travailleurs ont deux options: la retraite ou la résistance.
Les grandes entreprises et leurs pantins dans le gouvernement ne cesse de nous exhorter à garder la tête basse, à faire des concessions aux patrons, et d'attendre «des jours meilleurs.»
Cette stratégie n'a pas fonctionné dans les années trente lors de la dernière «Grande Dépression», et ça ne marchera pas aujourd'hui. La crise économique n'a pas nui aux riches, mais ils l’utilise somme un outil pour pousser les ouvrières et les ouvriers encore plus profondément dans la pauvreté et les dettes. Les mêmes entreprises qui exigent des salaires et des pensions réduites rapportent des milliards de dollars en profits.
Pour survivre à cette attaque, les travailleuses et les travailleurs doivent se battre. Nos frères et nos sœurs en Grèce, au Portugal et dans d'autres pays européens nous montrent la voie, en organisant des manifestations de masse et des grèves générales pour résister à l'offensive des capitalistes. Mais il existe déjà beaucoup de luttes similaires ici même au Canada. La plupart de ces luttes ne sont pas signalées dans les médias bourgeois, mais les travailleuses et les travailleurs à travers le pays se battent pour leurs droits, malgré les pressions intenses pour les faire capituler
L'exemple le plus notable se trouve au Québec où le Front Commun des travailleuses et des travailleurs du secteur public est dans un bras de fer avec le gouvernement libéral de Jean Charest afin de gagner de meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail. Le 20 mars dernier, 75 000 employés-es du secteur public ainsi que des sympathisantes et des sympathisants ont marché dans les rues de Montréal. D’autres grosses manifestations ont eu lieu ensuite pour montrer le mécontentement des Québécois au budget pro-entreprises du gouvernement Charest. Cette escalade de moyens de pression pourrait éventuellement mener à une grève générale.
En Colombie-Britannique, le gouvernement libéral de Campbell a également de graves problèmes avec la classe ouvrière. Une campagne à la grandeur de la province est en cours pour forcer la tenue d'un référendum à propos de la « taxe de vente harmonisée » (HST) qui pourrait transférer près de 2 milliards de dollars chaque année de la classe ouvrière au profit du monde des affaires. De vives protestations ont éclatées partout dans la province contre les coupures budgétaires brutales dans le secteur de l'éducation. À la « Coalition pour bâtir une meilleure Colombie-Britannique (Coalition to Build a Better B.C.) », initiée par le mouvement syndical, se sont joints les peuples autochtones, des regroupements d'artistes, de personnes âgées, d'étudiantes et d’étudiants et beaucoup d‘autres, pour bâtir une lutte unifiée et forte contre les politiques antipopulaire des gouvernements. L'opposition commence à se développer en Ontario aussi en réponse à l'imposition par le gouvernement McGinty d'un gel des salaires des employé-e-s de la province, aux coupures de service et aux plans de privatisation.
La solidarité s’accroit avec la lutte héroïque des mineurs contre Vale Inco à Sudbury, Port Colborne et Voisey's Bay ou avec celle des journalistes et employés-es de bureau du Journal de Montréal, un des plus grand quotidien du Québec . Ces longs combats contre des employeurs très profitables démontrent la détermination des travailleuses et des travailleurs à résister aux tentatives des patrons de couper les salaires et d'éliminer les gains acquis durant des décennies de négociations collectives.
En fait, il existes plusieurs cas récents de travailleuses et de travailleurs à travers le Canada qui refusent de céder devant le chantage des entreprises. Ces luttes sont cruciales pour nos emplois, nos familles et nos communautés. C'est une bataille pour nos programmes sociaux, de santé et d'éducation, pour l'avenir même du Canada.
Mais aucun de ces courageux combats ne pourra apporter la victoire s’il est mené isolément. Notre mot d’ordre doit être « une attaque contre une et un est une attaque contre toutes et tous ». Nous ne réussirons pas en faisant les batailles une à la fois, contre des patrons et des gouvernements experts dans la tactique de diviser pour mieux régner. Aujourd’hui il y a un besoin urgent de bâtir une riposte unifiée et dirigée par le mouvement ouvrier à tous les niveaux, en incluant la base. Mais nous avons aussi besoin d’une réponse à la crise à la grandeur du Canada. Les dirigeantes et dirigeants du mouvement syndical peuvent et doivent prendre l’initiative de convoquer un Sommet populaire du mouvement ouvrier entier avec ses nombreux alliés - les peuples autochtones, la jeunesse, les étudiantes et les étudiants, les femmes, les agricultrices et les agriculteurs, les personnes âgées et toutes les forces démocratiques engagées dans la lutte pour la paix, l’environnement et le travail, pour les droits démocratiques et pour l’équité - afin de dresser la carte d’une contre-offensive unifiée, coordonnée et militante.
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Il y a des alternatives!
Un plan de relance pour le peuple
Stephen Harper et les grandes entreprises veulent faire payer les travailleuses et les travailleurs pour le plan de «relance économique», en abaissant les salaires, en coupant dans les emplois et en réduisant le budget des programmes sociaux. Nous disons : Celles et ceux qui encaissent des milliards en profits doivent payer!
Unissons-nous et combattons pour un programme d’urgence qui pourra remettre le Canada au travail et protéger les programmes sociaux.
Un véritable plan de relance économique pour le peuple :
- étendre la couverture de l'assurance-emploi à l'ensemble des travailleuses/eurs, pendant toute la durée de leur chômage et en leur donnant des prestations de 90% de leur salaire antérieur;
- protéger et développer les industries manufacturières sur la base d’une politique industrielle globale, ainsi qu’en adoptant une loi contre les fermetures d'usines;
- instaurer un moratoire sur les expulsions de logements, sur les saisies hypothécaires et sur les interruptions de fourniture d'énergie et de services pour cause de chômage;
- hausser le salaire minimum à 16$/h., augmenter les prestations d’assistance sociale, les pensions et adopter d'autres mesures pour accroître les revenus et stimuler la consommation domestique;
- mettre en oeuvre des mesures d'urgence pour améliorer les conditions sociales et économiques des peuples autochtones;
- investir dans un vaste programme public de construction de logements sociaux abordables, reconstruire les infrastructures du Canada et protéger l'environnement
- étendre la couverture de l'assurance-santé et développer les programmes sociaux universels, investir dans l'éducation, réduire les frais de scolarité, introduire un système de garde pour enfants qui soit public, universel, accessible, à coût abordable et de qualité;
Certains diront que nous n’avons pas les moyens de soutenir un changement aussi radical. Voici comment cela peut-être fait sans ajouter de fardeau sur les épaules du peuple travailleur:
- transférer le fardeau fiscal des travailleuses/eurs aux grandes entreprises et aux nantis;
- Restaurer l’impôt sur le revenu des entreprises à 28% ce qui rapportera plus de 30 milliards de dollars annuellement au trésor public;
- Retrait immédiat de la désastreuses guerre d’occupation en Afghanistan et couper les dépenses militaires de 50%, économisant ainsi un autre 10 milliards de dollars à chaque année;
Ces mesures immédiates de « relance pour le peuple » devraient être renforcées par d’autres réformes importantes, en particulier les suivantes :
- nationaliser les grandes banques, les compagnies d'assurances et autres institutions financières et les placer sous contrôle public et démocratique;
- nationaliser le secteur énergétique pour garantir l'approvisionnement du pays et fournir la base matérielle pour reconstruire l'industrie canadienne et créer des centaines de milliers d'emplois, entre autres dans le domaine des énergies renouvelables et du transport public;
- placer les «trois grands» fabricants de l’automobile sous le régime de la propriété publique et sous contrôle démocratique, et construire une voiture canadienne de petite taille, à prix abordable, performante du point de vue énergétique et respectant l'environnement;
- retirer immédiatement le Canada de l'ALENA et adopter une politique commerciale diversifiée, multilatérale et fondée sur le respect des avantages mutuels; et
- instaurer un revenu annuel garanti (RAG) permettant de vivre, et une réduction de la semaine de travail sans perte de salaire.
Un tel plan devrait orienter notre pays vers une direction fondamentalement nouvelle en plaçant les besoins de la population et de notre environnement avant la cupidité des entreprises, en instaurant une politique étrangère fondée sur la paix et le désarmement, et en restaurant la souveraineté de notre pays. Et nos efforts pour forger l’unité autour d'un tel plan pour « une reprise pour le peuple» peut donner lieu à une puissante Coalition populaire du mouvement ouvrier et des forces démocratiques qui peuvent faire assez de pression pour mener à de plus importantes transformations économiques et sociales.
Le Parti communiste du Canada, le parti qui a mené de cruciales luttes ouvrières, qui a remporté l'assurance-chômage et encore d’autres gains, s'engage à faire tout en son pouvoir pour aider à construire et gagner de telles luttes.
Nous vous invitons à aborder ces questions dans vos syndicats, vos lieux de travail et dans les écoles et vos communautés. Si vous êtes d'accord avec nos propositions, contactez-nous aujourd'hui. Joignez-vous à nous et aidez à construire le parti qui combine les luttes immédiates avec la vision d'un avenir socialiste, dans lequel le chômage, la faim, l'exploitation, le racisme et l'oppression, seront abolis pour toujours!